{"id":7847,"date":"2026-01-09T16:01:50","date_gmt":"2026-01-10T02:01:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/?p=7847"},"modified":"2026-01-09T16:01:50","modified_gmt":"2026-01-10T02:01:50","slug":"te-rai-pua-tata-croquis-vivant-dorama-nigou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/te-rai-pua-tata-croquis-vivant-dorama-nigou\/","title":{"rendered":"“Te ra\u2018i pu\u0101 t\u0101ta – croquis vivant” d’Orama Nigou"},"content":{"rendered":"

Le 14 novembre 2025, le mus\u00e9e du quai Branly – Jacques Chirac et l’artiste Orama Nigou ont d\u00e9voil\u00e9 le projet “Te ra\u2018i pu\u0101 t\u0101ta<\/em> – croquis vivant”, command\u00e9 par le mus\u00e9e un an et demi plus t\u00f4t. Lors d\u2019une performance inaugurale au Mus\u00e9e de Tahiti et des \u00eeles – Te Fare Iamanaha<\/em>, Orama Nigou a achev\u00e9 la fabrication de l’\u0153uvre au sein de la salle d’exposition permanente.<\/p>\n

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\u00a9 Cartouche LM<\/p><\/div>\n

Pendant plusieurs heures, elle a cousu. Pla\u00e7ant un \u00e0 un ses modules de plumes et coupant \u00e0 l\u2019ultime instant une m\u00e8che de ses cheveux pour l\u2019ajouter \u00e0 l\u2019ouvrage. Tout ce temps, elle se tint face \u00e0 l’objet qui a inspir\u00e9 le projet : le potentiel fragment de maro\u2019ura<\/em> issu des collections du Mus\u00e9e du Quai Branly, actuellement en d\u00e9p\u00f4t au Mus\u00e9e de Tahiti et des \u00eeles. En articulant les donn\u00e9es scientifiques \u00e0 ses recherches personnelles et \u00e0 sa sensibilit\u00e9, l’artiste a choisi de r\u00e9interpr\u00e9ter l\u2019objet mythique, d\u2019en cr\u00e9er un \u00e9cho contemporain.<\/p>\n

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\u00a9 Cartouche LM<\/p><\/div>\n

Un croquis, le seul connu d’un maro’ura<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 en 1792 par William Bligh, devint la r\u00e9f\u00e9rence visuelle qui servit \u00e0 donner corps aux pr\u00e9cieux gestes et mat\u00e9riaux que l\u2019artiste s\u2019attachait \u00e0 r\u00e9activer depuis cinq ann\u00e9es. Pour les personnes pr\u00e9sentes ce jour-l\u00e0 au Te Fare Iamanaha, c\u2019\u00e9tait l\u2019occasion de voir, de toucher, de connecter avec l’\u0153uvre et de charger son mana<\/em> avant son d\u00e9part pour la m\u00e9tropole.
\nL\u00e0-bas, elle est entr\u00e9e au Mus\u00e9e du Quai Branly par une autre performance. Lors d\u2019une procession chant\u00e9e et aux c\u00f4t\u00e9s de St\u00e9phanie Leclerc Caffarel, responsable des collections d\u2019Oc\u00e9anie au Mus\u00e9e du Quai Branly, Orama Nigou a d\u00e9ambul\u00e9 avec l’\u0153uvre \u00e0 travers le plateau des collections jusqu\u2019\u00e0 la vitrine qui allait l\u2019accueillir. L\u2019objet f\u00fbt ainsi pr\u00e9sent\u00e9 au lieu et aux pr\u00e9cieux artefacts qu\u2019il allait d\u00e9sormais c\u00f4toyer.<\/p>\n

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\u00a9 Mus\u00e9e du Quai Branly \u2013 Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer<\/p><\/div>\n

Un texte, co-\u00e9crit quatre ans plut\u00f4t avec Mahealani Amaru, f\u00fbt r\u00e9cit\u00e9 trois fois, avec trois intentions diff\u00e9rentes. Une premi\u00e8re fois en reo tahiti<\/em> pour ouvrir la performance et pr\u00e9senter l\u2019objet. Une seconde fois \u00e0 mi-parcours en dialogue fran\u00e7ais\/reo tahiti<\/em> avec St\u00e9phanie L.C., symbolisant la collaboration avec l\u2019institution du Quai Branly. Une troisi\u00e8me et derni\u00e8re fois en reo tahiti<\/em> pour cl\u00f4turer la procession et permettre \u00e0 l\u2019artiste de dire au revoir \u00e0 l’\u0153uvre, tout doucement, comme en chantant une berceuse.<\/p>\n\n\n\n
E TE MARO\u2019URA E
\n\u2018O \u2018OE TE TAPA\u2019O TAPU O TE MAU ARI\u2019I NUI
\n\u2018EAHA ATU RA TO A\u2019AMU ?
\n\u2018EAHA ATU RA IA TO PARAU MAU ?
\nUA FA\u2019AO VAU I ROTO I TO \u2018OE \u0100REA UNUMA
\nUA ORI AU I ROTO I TO \u2018OE MAU HURUHURU MANU
\nUA FA\u2019ARIRO VAU I ROTO I TO \u2018OE AHO
\n\u2018O \u2018OE TE TUAVE
\nTA FA\u2019A\u2019ITE O TE TAU HITAHITA
\n\u2018O \u2018OE TE TAO\u2019A TAIPE
\nUA NOA\u2019A IA VAU TE AURA\u2019A
\nUA NOA\u2019A IA VAU TE TAHI MAU PAHONORA\u2019A
\nE TE TAHI MAU UIRA\u2019A I TEIE NEI \u0100
\nE TE MARO\u2019URA E, TA HA\u2019AM\u0100URUURU NEI AU IA \u2018OE
\nE TE MARO\u2019URA E<\/td>\n
\u00d4 TOI, LE MARO\u2019URA
\nTU ES L\u2019EMBL\u00c8ME SACR\u00c9 DES PLUS MAJESTUEUX DES ROIS
\nQUELLE EST DONC TON HISTOIRE ?
\nDIS-MOI, QUELLE PEUT BIEN \u00caTRE TA V\u00c9RIT\u00c9 ?
\nCAR JE ME SUIS IMMISC\u00c9E DANS TON INTIMIT\u00c9
\nJ\u2019AI AIM\u00c9 ME PROMENER DANS TES NOMBREUSES PLUMES
\nJ\u2019AI TELLEMENT AIM\u00c9 M\u2019\u00caTRE ABANDONN\u00c9E DANS TES FIBRES
\nTOI, L\u2019OUVRAGE INACHEV\u00c9,
\nLE T\u00c9MOIN DU TEMPS AVIDE,
\n\u00d4 TOI, L\u2019OBJET MYTHIQUE.
\nJ\u2019AI TROUV\u00c9 DU SENS,
\nJ\u2019AI TROUV\u00c9 DES R\u00c9PONSES,
\nET ENCORE PLUS DE QUESTIONS\u2026
\nMERCI \u00c0 TOI,
\n\u00d4 TOI LE MARO\u2019URA<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n
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\u00a9 Mus\u00e9e du Quai Branly \u2013 Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer<\/p><\/div>\n

Te ra\u2019i pu\u0101 t\u0101ta – croquis vivant<\/em>” est devenue une \u0153uvre appartenant aux collections nationales fran\u00e7aises et une \u00e9manation contemporaine de maro\u2019ura<\/em> aupr\u00e8s d\u2019un objet tr\u00e8s sp\u00e9cial : un to\u2019o,<\/em> celui autour duquel le fragment \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine enroul\u00e9. Les deux objets ainsi r\u00e9unis, symboles des liens des g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 travers le temps et l\u2019espace, sont d\u00e9sormais pr\u00e9sent\u00e9s sur le plateau des collections du Quai Branly, accompagn\u00e9s par une vid\u00e9o qui met en lumi\u00e8re le processus de fabrication de l’\u0153uvre.<\/p>\n

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\u00a9 Mus\u00e9e du Quai Branly \u2013 Jacques Chirac, photo Julien Brachhammer<\/p><\/div>\n

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Cinq ans de dialogues<\/h2>\n

Si ce projet a \u00e9t\u00e9 officiellement commandit\u00e9 il y a un an, celui-ci a en r\u00e9alit\u00e9 plant\u00e9 ses racines depuis novembre 2020, alors que l\u2019artiste \u00e9tait encore \u00e9tudiante en design textile.
\nDans le cadre de la pr\u00e9paration de son m\u00e9moire de troisi\u00e8me ann\u00e9e, qui portait sur les liens entre identit\u00e9 et patrimoine et la place de la cr\u00e9ation dans ce processus, elle avait choisi de s\u2019int\u00e9resser au suppos\u00e9 fragment de maro\u2019ura<\/em> comme objet pr\u00e9texte. En prenant attache avec St\u00e9phanie Leclerc-Caffarel, responsable des collections d\u2019Oc\u00e9anie au Mus\u00e9e du Quai Branly, elle avait pu obtenir une visite pour \u00e9tudier l\u2019objet. C\u2019est ainsi qu\u2019elle fit ses premiers pas pour comprendre le fragment, sa structure et r\u00e9activer des techniques de couture de plumes pr\u00e9coloniales qui n\u2019avaient plus \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es depuis 300 ans. Aujourd\u2019hui, cela fait d\u00e9sormais 5 ans qu\u2019Orama Nigou a reconnect\u00e9 avec ses gestes, qu\u2019elle les perfectionne dans sa pratique contemporaine et qu\u2019elle a commenc\u00e9 \u00e0 les transmettre.<\/p>\n

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Croquis du potentiel fragment de maro\u2019ura \/ Exp\u00e9rimentation de reconstitution d\u2019une partie de l\u2019objet par Orama Nigou.<\/p><\/div>\n

Au moment o\u00f9 elle rendait visite au fragment, une exposition \u00e9tait en pr\u00e9paration autour de l\u2019objet : Maro\u2019ura<\/em>, un tr\u00e9sor polyn\u00e9sien. En remerciement pour la visite qui lui avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e, Orama avait ensuite envoy\u00e9 ses recherches graphiques \u00e0 St\u00e9phanie L.C., qui a alors souhait\u00e9 les int\u00e9grer \u00e0 l\u2019exposition et utiliser une perspective nouvelle pour nourrir les observations scientifiques. Ce f\u00fbt la toute premi\u00e8re collaboration de l\u2019artiste avec le mus\u00e9e.<\/p>\n

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Plus tard, l\u2019artiste rencontra \u00e9galement Magali M\u00e9landri, responsable de l\u2019unit\u00e9 patrimoniale Oc\u00e9anie-Insulinde au Quai Branly. Et \u00e0 trois, durant un d\u00e9jeuner de juin 2024, “Te ra\u2018i pu\u0101 t\u0101ta – croquis vivant”<\/em> a pris forme\u2026
\nLa suite, ce furent plusieurs mois de travail intense. Des milliers de plumes, des centaines d\u2019heures de fabrication assist\u00e9es par Ponihere Hopuare, et des dizaines d\u2019heures de vid\u00e9o r\u00e9alis\u00e9es avec Pierre et J\u00e9r\u00e9mie de Nicola\u2026<\/p>\n

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\u00a9 Cartouche LM<\/p><\/div>\n

Ainsi, cinq ann\u00e9es d\u2019int\u00e9r\u00eat, de r\u00e9flexion, de conversations et de pratique auront abouti \u00e0 la performance du 14 novembre 2025 puis \u00e0 celle du 14 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e qui signa l\u2019entr\u00e9e de l’\u0153uvre au Mus\u00e9e du Quai Branly et l\u2019installation de celle-ci aupr\u00e8s du to\u2019o<\/em>.<\/p>\n

Te ra\u2018i pu\u0101 t\u0101ta – croquis vivant”<\/em> poursuit son existence aupr\u00e8s des \u00e9quipes mus\u00e9ales et du public. Il vous appartient d\u00e9sormais de continuer \u00e0 nourrir l’\u0153uvre de vos visites et de vos conversations\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Le 14 novembre 2025, le mus\u00e9e du quai Branly – […]<\/p>\n","protected":false},"author":576,"featured_media":7850,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[28,94,93,95],"tags":[],"class_list":["post-7847","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-lune","category-artisans","category-portrait-dartisans","category-visiteurs"],"lang":"fr","translations":{"fr":7847},"pll_sync_post":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/users\/576"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7847"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7858,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7847\/revisions\/7858"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7850"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/art\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}