La Forêt Polynésienne

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La Forêt Polynésienne 2019-01-22T11:34:53+00:00

La forêt de Polynésie Française est mal connue. Aucun inventaire forestier n’a jamais été réalisé, aussi les surfaces des différents types de forêts primaires et secondaires ne sont actuellement qu’estimées.

La surface boisée (y compris les plantations forestières et les cocoteraies) est estimée à environ 200 000 hectares soit un taux de boisement de 57 %. Seules les plantations forestières ont pu être chiffrées de façon fiable mais dans une moindre mesure pour les cocoteraies implantées depuis plus d’une centaine d’années pour la production de coprah.

La répartition des types forestiers et des types de végétation (végétation littorale, forêts supra-littorale, semi-sèche, mésophile, hygrophile et ombrophile, maquis sommitaux) entre archipels est également très variable du fait des caractéristiques écologiques spécifiques à chaque archipel ou île et de leurs potentialités agricoles et forestières.

Les forêts littorales, de plaines et de vallées ont été modifiées depuis l’arrivée des premiers polynésiens. Ceux-ci ont introduit diverses plantes à fruits (‘Uru, Bananier, Kava, Māpē…) et se sont intéressés aux plantes fournissant des fibres pour leurs filets et lignes, pour la fabrication de pirogues (Pūrau , ‘Uru…) et l’emploi de plantes ichtyotoxiques pour la pêche (Hotu). Des espèces indigènes ou introduites furent et sont encore utilisées dans la médecine traditionnelle (Tāmanu, Santal, Miro…), dans la confection d’étoffes (Banyan, ‘Uru), pour la teinture. De nombreuses autres espèces ont été introduites depuis l’arrivée des Européens et certaines comme le Miconia sont devenues envahissantes.

Les principales menaces qui pèsent sur la forêt sont liées à la présence et à la progression de nombreuses espèces envahissantes tant animales (surpâturages des mammifères herbivores, prédations de semences par les rats ou les insectes) que végétales (compétition avec les espèces indigènes). Seules les forêts d’altitude et plus largement celles couvrant les pentes très fortes sont encore peu perturbées directement par les activités humaines (déforestation, feux).

Des essais de plantation de Pin des Caraïbes ont été réalisés en 1 966. Il s’ensuivit un programme de reboisement en pin qui couvrent actuellement 5 900 ha. Ces plantations ont été réalisées sur les landes dégradées à fougères, parfois sur des terrains à très forte pente et peu accessibles. Le choix de cette essence a été heureux puisque ces arbres à croissance rapide et à faibles exigences se développe de façon très satisfaisante sur les sols les plus difficiles avec un diamètre moyen de 45 cm à 30 ans.

À partir de 1 977, la politique forestière s’est traduite par des plantations dans tous les archipels afin de produire du bois d’œuvre (Pin des Caraïbes – Pinus caribaea) localement pour limiter les importations, de restaurer les sols érodés par les feux et le surpâturage (plantations de Bois de fer – Casuarina equisetifolia, de Falcata – Falcataria moluccana et de pins) et de créer une filière bois et des emplois dans les archipels éloignés.

Aujourd’hui, la moitié des reboisements en pins sont considérés comme exploitables. Néanmoins, la filière de transformation peine à se mettre en place en raison notamment de la nécessité d’investissements initiaux importants.

La forêt naturelle est exploitée pour les besoins limités des artisans sculpteurs en bois d’ébénisterie (Bois de rose d’Océanie ou Miro, Thespesia populnea, et Noyer d’Océanie ou Tou, Cordia subcordata).

Diverses essences nobles tels l’acajou, le teck ou le miro, ont été plantées à partir des années 70 pour pallier la diminution de la ressource naturelle qui tendait à être surexploitée. Les feuillus précieux ont des exigences en termes de station et nécessitent des sols riches des plaines et des vallées. Leur croissance lente les rend vulnérables à la concurrence de la végétation environnante et nécessite un entretien intensif durant les premières années de la plantation. Le cycle de production est beaucoup plus long que pour le pin ; de 40 à 80 ans selon les essences.

Le massif de bois précieux occupe actuellement une surface de 390 ha et les premiers produits d’éclaircie peuvent être récoltés pour les sculpteurs.

Dès la fin des années 1970, la Polynésie française a investi dans un ambitieux programme forestier qui a abouti à la plantation de 5 900 hectares de Pins des caraïbes dans les îles de la Société, des Marquises et des Australes.

Les massifs ont été implantés d’une part sur les terres domaniales territoriales (Domaine de ’Ōpūnohu à Mo’orea, Plateau de Toovii à Nuku-Hiva…), et d’autre part sur des terres privées conventionnées où le Pays a la charge de la mise en valeur forestière.

Ce programme à long terme, générateur d’emplois locaux, a été mis en place afin de substituer pour partie les importations de bois, ainsi que dans un souci de protection des sols et de gestion de l’environnement.

Aujourd’hui, les premières plantations de pins arrivent à maturité et 2000 hectares sont exploitables de par la qualité de leurs boisements et de leur accessibilité. Le temps est arrivé de valoriser la ressource, dont la qualité égale celle des matériaux importés, et ceci pour des utilisations aussi diverses que la charpente, la menuiserie, la caisserie, le bois de palette…

Si la mise en place de ces boisements a été le fait du service du développement rural, le gouvernement a voulu que l’exploitation en soit confiée aux entrepreneurs privés, pour créer une véritable filière du bois depuis l’entretien des plantations jusqu’à l’abattage, le sciage et l’utilisation finale en menuiserie et ébénisterie.

Vous trouverez ci-dessous plusieurs documents concernant les plantations de pins des caraïbes.

Les plantations de bois d’ébénisterie occupent en 2 011 environ 400 ha sur l’ensemble des archipels de Polynésie française. Elles ont été initiées sous forme d’expérimentation dès la fin des années 60 et au début des années 70.

Les principales essences plantées étaient le Miro, le Tou, le Tāmanu et l’Acajou d’Amérique. Assez rapidement, d’autres essences introduites ont été utilisées comme le Teck, l’Acajou d’Afrique, le Kaori, le Cedrela et auxquelles s’ajoutent une vingtaine d’autres espèces. Aujourd’hui, une part plus importante est accordée aux essences locales avec notamment le développement de programmes de plantation du Santal, du Mara, du Toi et du Faifai.

Principales essences introduites

Acajou d’Amérique (Swietenia macrophylla) : bois d’ébénisterie mondialement connu, l’Acajou d’Amérique croît et se renouvelle particulièrement bien à Mo’orea

Acajou d’Afrique (Khaya senegalensis) : bien adapté sur les sols aérés, l’Acajou d’Afrique nécessite un suivi rigoureux dès la plantation.

Teck (Tectona grandis) : très utilisé comme bois de marine, le teck donne de très bons résultats aux îles Marquises.

Nouvelles essences indigènes

Santal (Santalum insulare) : surexploité pour son bois odorant depuis plus de 2 siècles, le santal fait l’objet d’un programme de conservation et de mise en valeur.

Mara (Neonauclea forsteri) : arbre des vallées encore assez commun dont le bois jaune était transformé en tambours et pirogues.

Toi (Alphitonia zizyphoides) : arbre des planèzes et plateaux dont le bois orangé à rouge était autrefois employé pour la confection de charpentes et de pirogues.

Faifai (Serianthes myriadenia) : arbre des vallées réputé pour les pirogues qui étaient tirées de son bois rosé assez léger.

Règlementation eau et forêt en vigueur

Déliberation n°13-1958

Abattage d’arbre

Tout abattage d’arbre est soumis à une autorisation depuis 1958 (Délibération n° 58-13 du 7 février 1958 modifiée sur le régime des eaux et forêts). Ainsi, pour couper un arbre, une personne devra obtenir l’accord du propriétaire du terrain s’il ne l’est pas lui même, de la commune et de l’administration compétente.

Textes de référence :

Étapes de la procédure :

  1. La demande d’autorisation d’abattage d’arbres peut être retirée dans les mairies ou à la DAG.
  2. Le formulaire complété doit être déposé à la mairie de la commune dans laquelle vous voulez abattre les arbres. Obligation de faire signer la demande par le propriétaire du terrain. L’administration a un mois à compter du dépôt en mairie pour rendre son avis.
  3. Le maire émet un avis et transmet la demande à la DAG.
  4. La DAG contrôle la régularité de l’acte (accords et signatures des parties) et procède à une enquête sur les lieux de (des) l’arbre(s) à abattre, émet un avis technique.
  5. Cet avis est retourné à la commune qui délivre et notifie l’autorisation au demandeur.

Outre les indications d’ordre général, et en contrepartie de l’autorisation, le propriétaire s’engage à exécuter, dans un délai maximum de six mois les clauses de reboisement et plantation mentionnées par la DAG.

L’avis technique délivrée par les services forestiers ne constitue en aucun cas une reconnaissance de propriété.

ATTENTION : Cette procédure n’est pas applicable si la surface défrichée dépasse 5 ha sur terrain plat ou 2 ha sur terrain en pente (pente > 15%). Il faut alors réaliser une étude d’impact ( cf. code de l’environnement).

La forêt offre des emplois de plus en plus qualifiés qui impliquent de travailler dans le respect de la biodiversité, de la faune et la flore :

  • Les métiers liés à la sylviculture dont la vocation est de veiller au bon état sanitaire des forêts (techniques d’amélioration des espèces ; plantation, protection des sols et de l’eau, entretien de la forêt, reboisement des massifs forestiers et des friches…) et qui relève souvent du régime de l’agriculture ;
  • Les métiers relevant de l’exploitation forestière qui vise une récolte rationnelle des arbres.

FICHES TECHNIQUES