{"id":11227,"date":"2026-03-13T13:31:33","date_gmt":"2026-03-13T23:31:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/?p=11227"},"modified":"2026-03-13T13:31:33","modified_gmt":"2026-03-13T23:31:33","slug":"une-veritable-cartographie-culturelle-et-memorielle-de-mahina-hiroa-n-219-mars-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/2026\/03\/13\/une-veritable-cartographie-culturelle-et-memorielle-de-mahina-hiroa-n-219-mars-2026\/","title":{"rendered":"Une v\u00e9ritable cartographie culturelle et m\u00e9morielle de M\u0101hina (Hiro’a n\u00b0 219 – Mars 2026)"},"content":{"rendered":"

\n

Une v\u00e9ritable cartographie culturelle et m\u00e9morielle de M\u0101hina (Hiro’a n\u00b0 219 – Mars 2026)<\/strong><\/p>\n<\/div><\/h2><\/div>

<\/div>
<\/div><\/div>
<\/div>

DIX QUESTIONS \u00c0 JAMES TUERA, RESPONSABLE LOGISTIQUE \u00c0 LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE (DCP) \u2013 TE PAPA HIRO\u0384A \u0384E FAUFA\u0384A TUMU<\/b><\/p>\n

Propos recueillis par Lucie Rabr\u00e9aud<\/i><\/p>\n

\u00abUne v\u00e9ritable cartographie<\/b><\/p>\n

La DCP vient de r\u00e9\u00e9diter un livre de l\u00e9gendes sur M\u0101hina. C’est Hubert Br\u00e9mond qui avait recueilli la parole de trois anciens de la commune : Teuraheimata a Heua, T\u0101fa\u0384i Louis a Teaotea et Tefano Taiarui. Ce livre, \u00e9dit\u00e9 en 1978, trouve une nouvelle vie en 2026 pour que ces savoirs se transmettent encore et permettent aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations de mieux conna\u00eetre leur commune.<\/i><\/p>\n

Ce livret est la r\u00e9\u00e9dition d’un livre d’Hubert Br\u00e9mond. De quand date-t-il et qui \u00e9tait Hubert Br\u00e9mond ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Il convient de consid\u00e9rer la contribution aussi brillante que notoire apport\u00e9e \u00e0 la sauvegarde de ces savoirs et de ces comp\u00e9tences par Hubert Br\u00e9mond. En endossant \u00e0 son tour cette fonction de voix collective plac\u00e9e au service du bien commun lors de l’\u00e9dition du livret M\u0101hina<\/i>, en 1978, il a permis de pr\u00e9server de l’oubli une part significative de ce pr\u00e9cieux patrimoine. Ce travail, recueilli aupr\u00e8s de personnes d\u00e9positaires des expressions de la tradition culturelle polyn\u00e9sienne, constitue aujourd’hui un t\u00e9moignage essentiel de la transmission des savoirs. Nous disposons de peu d’informations concernant Hubert Br\u00e9mond, dont les ayants droit, ses enfants, ont souhait\u00e9 pr\u00e9server la discr\u00e9tion entourant sa vie personnelle. Nous retenons n\u00e9anmoins l’essentiel : le remarquable travail de transcription et d’adaptation qu’il a accompli. Celui-ci a enrichi le mat\u00e9riel p\u00e9dagogique consacr\u00e9 \u00e0 l’apprentissage du reo m\u0101\u0384ohi<\/i> ainsi qu’\u00e0 la transmission de ces \u00e9l\u00e9ments patrimoniaux au sein des \u00e9tablissements scolaires. Son engagement a contribu\u00e9 de mani\u00e8re significative \u00e0 la valorisation et \u00e0 la p\u00e9rennisation de ces savoirs culturels. \u00bb<\/p>\n

Comment ont \u00e9t\u00e9 recueillies ces l\u00e9gendes ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Elles ont \u00e9t\u00e9 principalement recueillies par collecte orale, aupr\u00e8s de personnes reconnues de la tradition culturelle polyn\u00e9sienne de M\u0101hina : anciens, conteurs, d\u00e9tenteurs de savoirs familiaux ou communautaires. Elles reposent g\u00e9n\u00e9ralement sur des entretiens directs, une transcription fid\u00e8le des paroles recueillies, un travail de vulgarisation pour rendre le r\u00e9cit accessible \u00e0 tous. \u00bb<\/p>\n

Qui \u00e9taient Teuraheimata a Heua, T\u0101fa\u0384i Louis a Teaotea et Tefano Taiarui ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Teuraheimata a Heua, T\u0101fa\u0384i Louis a Teaotea et Tefano Taiarui \u00e9taient des matahiapo<\/i>, c’est-\u00e0-dire des anciens reconnus au sein de leur communaut\u00e9. Ils \u00e9taient d\u00e9tenteurs de savoirs traditionnels et identifi\u00e9s localement pour leur connaissance approfondie du reo m\u0101\u0384ohi<\/i>, ainsi que pour leur ma\u00eetrise des r\u00e9cits ancestraux transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n

En tant que gardiens de la m\u00e9moire orale, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 la transmission de ces patrimoines immat\u00e9riels, participant ainsi \u00e0 leur pr\u00e9servation et \u00e0 leur valorisation pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. \u00bb<\/p>\n

Que racontent ces histoires ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Ces r\u00e9cits et chants constituent une v\u00e9ritable cartographie culturelle et m\u00e9morielle de M\u0101hina. Ils \u00e9voquent les origines des lieux, les figures h\u00e9ro\u00efques comme T\u0101fa\u0384i ou Hiro, les personnages spirituels tels que le pr\u00eatre Manemane, ainsi que des \u00e9pisodes marquants comme des batailles ou des \u00e9v\u00e9nements fondateurs. \u00c0 travers des l\u00e9gendes li\u00e9es aux reliefs, aux baies, aux terres et aux animaux symboliques, ils expriment le lien profond entre la communaut\u00e9, le paysage et le sacr\u00e9. Les chants toponymiques et polyphoniques participent quant \u00e0 eux \u00e0 la transmission orale des savoirs, renfor\u00e7ant l’identit\u00e9 collective et la continuit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle au sein de la tradition culturelle m\u0101\u0384ohi<\/i>.<\/p>\n

Ces histoires aident simplement \u00e0 mieux comprendre M\u0101hina et ses h\u00e9ros d’autrefois. Elles racontent comment certains lieux ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s, quels \u00e9v\u00e9nements importants s’y sont d\u00e9roul\u00e9s et qui \u00e9taient les personnages courageux ou marquants du pass\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 ces l\u00e9gendes et \u00e0 ces chants, on d\u00e9couvre que les montagnes, les baies ou les terres ne sont pas seulement des paysages, mais des endroits charg\u00e9s d’histoire. En r\u00e9sum\u00e9, elles permettent de mieux conna\u00eetre l’identit\u00e9 de M\u0101hina et de garder vivante la m\u00e9moire de ses anciens. \u00bb<\/p>\n

\u00c0 partir de quand est apparue cette volont\u00e9 de mettre par \u00e9crit ce qui \u00e9tait jusqu’ici transmis oralement ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Cela a surtout commenc\u00e9 au XIXe si\u00e8cle dans de nombreux endroits, y compris en Polyn\u00e9sie. Avant, tout se transmettait \u00e0 l’oral, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Les premi\u00e8res personnes qui ont pris des notes ou \u00e9crit des histoires l’ont fait pour pr\u00e9server la culture et les traditions, souvent parce qu’elles craignaient que ces r\u00e9cits disparaissent avec le temps. \u00bb<\/p>\n

Dans quel but un groupe de travail des anciens de la commune a-t-il \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 \u00e0 l’occasion de cette r\u00e9\u00e9dition ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Pour cette r\u00e9\u00e9dition, un groupe de travail a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 avec les anciens de la commune ainsi qu’avec les ayants droit de Teuraheimata a Heua, T\u0101fa\u0384i Louis a Teaotea et Tefano Taiarui. Leur r\u00f4le \u00e9tait de relire attentivement le contenu, de v\u00e9rifier les informations et d’apporter des corrections si n\u00e9cessaire. L’objectif n’\u00e9tait pas de modifier l’esprit de l’ouvrage, mais de rectifier certains d\u00e9tails comme des noms de lieux, des pr\u00e9cisions historiques ou des \u00e9l\u00e9ments de m\u00e9moire locale afin que le livret soit le plus fid\u00e8le possible \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 la tradition. \u00bb<\/p>\n

Pourquoi avoir choisi de conserver l’ouvrage initial quasiment en l’\u00e9tat pour cette r\u00e9\u00e9dition ?<\/b><\/p>\n

\u00ab En 2023, le cabinet d’\u00c9liane Tevahitua nous a demand\u00e9 de retravailler ce livret, car il y avait plusieurs demandes du public pour mieux conna\u00eetre la toponymie et les traditions li\u00e9es \u00e0 la commune de M\u0101hina. Nous avons donc men\u00e9 un v\u00e9ritable travail de recherche : identifier les ayants droit, comprendre l’histoire de l’auteur, retracer les conditions de publication initiale \u2014 comment l’ouvrage avait \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 et par qui. C’\u00e9tait un travail de r\u00e9colement complexe, mais il a permis d’aboutir \u00e0 cette r\u00e9\u00e9dition.<\/p>\n

Nous avons \u00e9galement fait le choix de conserver le livret en reo m\u0101\u0384ohi<\/i>, afin de participer \u00e0 la revitalisation de la langue polyn\u00e9sienne et encourager les jeunes \u00e0 se r\u00e9approprier leur langue et leur culture. Cependant, le contenu est aussi traduit en fran\u00e7ais et en anglais ; il sera disponible sur notre site internet. La version papier restera, elle, en reo m\u0101\u0384ohi<\/i>, pour garder toute sa force symbolique et culturelle. \u00bb<\/p>\n

On peut y trouver des photos aussi et m\u00eame une carte dessin\u00e9e de Tahiti : cela contribue \u00e0 \u00ab l’ambiance \u00bb de l’ouvrage ?<\/b><\/p>\n

\u00ab \u00c0 l’origine, l’ouvrage contenait d\u00e9j\u00e0 des photos, des images, une carte de M\u0101hina ainsi que des illustrations dessin\u00e9es par l’auteur. Pour cette r\u00e9\u00e9dition, nous avons essay\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer un maximum de fichiers avec l’aide de notre infographiste. Cela a \u00e9t\u00e9 assez complexe, car nous voulions rester fid\u00e8les aux documents d’origine et conserver l’esprit initial de la publication. Ces \u00e9l\u00e9ments visuels participent pleinement \u00e0 l’ambiance du livret : ils rendent le texte plus vivant, permettent de mieux visualiser les lieux et les personnes, et apportent aussi un peu de dynamisme \u00e0 l’ensemble, sans trahir l’\u0153uvre originale. \u00bb<\/p>\n

O\u00f9 pourra-t-on trouver ce livret ?<\/b><\/p>\n

\u00ab Comme d’habitude, le livret sera distribu\u00e9 dans les \u00e9tablissements scolaires du premier degr\u00e9 ainsi que dans les biblioth\u00e8ques scolaires. L’objectif est de le mettre \u00e0 la port\u00e9e des \u00e9l\u00e8ves d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. Il permettra aux enseignants de travailler sur la toponymie et les traditions locales. Le public pourra \u00e9galement le t\u00e9l\u00e9charger en version num\u00e9rique sur notre site internet. Ainsi, le contenu sera accessible \u00e0 la fois aux scolaires et au grand public. \u00bb<\/p>\n

La DCP \u00e9dite r\u00e9guli\u00e8rement des livrets, quelles communes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 concern\u00e9es et quels sont les prochains sujets des livrets \u00e0 venir ?<\/b><\/p>\n

\u00ab La Direction \u00e9dite \u00e9galement d’autres livrets th\u00e9matiques dans le cadre de collections comme Te Hono\u0384a u\u0384i<\/i>, qui explorent diff\u00e9rents sujets culturels. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons publi\u00e9 des livrets consacr\u00e9s \u00e0 plusieurs communes, notamment Teahupo\u0384o, Tautira, Taputapu\u0101tea, Fatu Hiva, Vavau et Maupiti, pour ne citer qu’elles. Concernant les prochaines publications, nous travaillons actuellement sur une tradition orale de Rangiroa, un livret de l\u00e9gendes transcrit par Sylviane Racine, \u00e0 partir des r\u00e9cits cont\u00e9s par le capitaine Punua, et un livret travaill\u00e9 par Simone Grand et Moearii Darius. Ce seront les prochains titres \u00e0 para\u00eetre. \u00bb\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>

\"\"<\/a><\/h4>\n

Document \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger :
\n
Une v\u00e9ritable cartographie culturelle et m\u00e9morielle de M\u0101hina (Hiro’a n\u00b0 219 – Mars 2026)<\/a><\/h4>\n<\/div>
<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":588,"featured_media":11231,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"gallery","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"%%post_title%%","_seopress_titles_desc":"%%post_excerpt%%","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[8,55],"tags":[],"class_list":["post-11227","post","type-post","status-publish","format-gallery","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-hiroa","post_format-post-format-gallery"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/588"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11227"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11227\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11236,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11227\/revisions\/11236"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11231"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.service-public.pf\/dcp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}