Dans le cadre du programme Maita’i Sport Santé (M.S.S.), une 3ème session des activités physiques adaptées est organisée du 5 août au 30 novembre 2019. Ce programme a pour objectif d’accompagner les personnes présentant certaines pathologies (obésité, diabète, hypertension…) vers une activité physique et sportive adaptée à leur santé.

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La cellule C.O.A.C.H. de la Direction de la Jeunesse et des Sports (D.J.S.) est allée à la rencontre des coachs et pratiquants des différentes disciplines proposées.

Aujourd’hui, initions-nous à la pratique de l’aviron, sport nautique et olympique depuis la création des jeux olympiques modernes en 1896. L’aviron porte le nom de la rame et non celui du bateau. Il est considéré comme l’un des meilleurs sports pour l’équilibre physique car il fait travailler tous les muscles du corps. Cette discipline demande puissance et solidité aux pratiquants.

Les différents lieux de pratique

  • Entre l’entrée de la CPS et le Cinéma Majestic à Papeete
  • Collège de Punaauia

Focus sur Kevin, notre coach du jour en aviron et Vatea, un de ses élèves.

Les mots du coach

Peux-tu te présenter ?

Kevin Scott, coach en aviron dans le programme Maita’i Sport Santé.

Depuis combien d’années pratiques-tu l’aviron ?

Je pratique l’aviron depuis une vingtaine d’années.

En quoi cette discipline te passionne ?

Il y a plusieurs aspects : la nature de l’effort et la complexité du mouvement qui te permet de te challenger sans cesse quelque soit ton niveau. Il y a beaucoup d’interactions et les possibilités de varier les entraînements sont infinies puisqu’on peut combiner les efforts d’endurance, de résistance et de sprint avec du renforcement musculaire très rapidement. C’est un mouvement complet facilement adaptable, qui ne cause pas de traumatisme. C’est l’activité physique idéale et donc un support avec lequel on peut apporter beaucoup aux pratiquants. Par ailleurs, on peut le pratiquer en lagon ou en mer, s’évader sur l’eau, ressentir la glisse et profiter du milieu exceptionnel qu’on a en Polynésie, et combiner ces plaisirs avec ceux d’un sport d’équipe où, comme en va’a, la cohésion est un aspect central de l’efficacité.

Il y a aussi une énorme communauté de pratiquants et on peut, grâce aux nouvelles technologies, se challenger en permanence sur des challenges et compétitions en ligne et avoir des outils numériques éducatifs qui peuvent être utilisés pour faire de la sensibilisation auprès de tous les publics pour lutter contre la sédentarité par exemple.

Enfin, l’aviron est une véritable école de vie. On y apprend le respect des autres, du matériel mais aussi la valeur du travail et des efforts quotidiens qui font qu’on se construit et progresse jour après jour.

En bref, en tant que coach, en transmettant et partageant toutes ces valeurs et plaisirs, on a beaucoup de pistes différentes pour s’épanouir. On ne s’ennuie jamais et il y a toujours une aventure humaine à vivre !

Quelles ont été tes motivations pour participer au programme de M.S.S. ?

J’ai des expériences antérieures dans le sport santé. Je sais donc que notre activité est particulièrement adaptée et adaptable aux publics en besoin d’activité physique pour des problématiques de santé. J’avais à cœur de faire découvrir notre sport aux polynésiens, puisqu’il y a quelques années, c’était encore un sport méconnu ici. Je pense aussi qu’aujourd’hui, en tant qu’éducateurs sportifs, quelque soit la discipline que l’on enseigne, nous avons un rôle important à jouer dans la lutte contre la sédentarité. C’était l’occasion d’apporter notre pierre à l’édifice ambitieux qui se construit pour inverser la tendance sur les problématiques liés à la condition physique et à la santé de notre population.

Pour ce programme de M.S.S., quels sont tes objectifs ?  

Ils sont multiples et chaque pratiquant va avoir sa propre histoire. Dans les grandes lignes, l’enjeu principal est de permettre aux patients de se réapproprier leur vie physique, et de leur donner goût à une pratique physique régulière et raisonnée. On essaye de faire en sorte que les patients qui suivent le programme n’aient plus besoin d’un accompagnement pour se prendre en main. La plupart d’entre eux sautent d’ailleurs le pas et nous rejoignent au club de leur plein gré : ils sont séduits par la discipline et ce qu’elle leur apporte… certains envisagent même d’investir dans leur propre matériel pour pratiquer en famille à la maison. On gagne le pari, mais il y a encore beaucoup à faire pour donner plus d’ampleur et de retentissement à notre action et toucher plus de monde.

Quel message souhaiterais-tu faire passer à nos internautes ?

La pratique d’activité physique est la meilleure arme pour lutter contre la sédentarité. Il faut l’associer à une alimentation équilibrée et, si possible, d’origine locale et la moins transformée possible, et on obtient le combo gagnant pour rester en bonne santé. On se rend compte que ce sont les petits gestes au quotidien qui ont, au final, le plus d’impact sur nos habitudes, et je pense que tous ceux qui l’ont compris doivent devenir les ambassadeurs de ce style de vie qui permet tellement de choses au quotidien. Les patients que nous avons peuvent mesurer l’impact de la pratique physique sur leur quotidien, et ils ne s’en seraient jamais doutés avant de commencer. Ils sont les mieux placés pour en parler et pour partager leur expérience avec leurs proches et j’espère qu’ils seront entendus et qu’on arrivera à inverser la tendance !

Les mots de l’élève

Peux-tu présenter ?

Je m’appelle Vatea TETUAITEROI. J’ai 48 ans et dans 3 mois, j’en aurais 49. Je travaille chez SDA. En 2012, j’ai eu un AVC (accident vasculaire cérébral).

Quelles ont été tes motivations pour participer au programme de M.S.S. ?

Mes collègues de travail, qui faisaient partie de M.S.S., m’ont parlé du programme. Cela m’a permis d’avoir une idée des disciplines proposées et, par ce biais, d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de ce projet qui m’a beaucoup plu. En plus, ce programme est vraiment adapté à ma pathologie.

Qu’est-ce que cette discipline t’apporte physiquement et mentalement ?

En général, l’aviron m’apporte beaucoup de bien-être et fait que je me sens mieux dans ma peau. Physiquement, cela m’a permis aussi de perdre du poids, d’améliorer mon physique et mon cardio. Moralement, ça me déstresse complètement !

En pratiquant ce sport, on apprend à se connaître. Il y a du monde durant nos sessions et on fait connaissance avec, du plus âgé au plus jeune, chacun avec sa pathologie.

Quels sont tes objectifs pour ce programme ?

Mon objectif, c’est de maintenir mon bien-être, mon poids et surtout d’éviter de refaire un autre AVC. C’est pour ma forme et ma bonne santé ! Avant, je faisais 132 kilos et maintenant j’en suis à 97 kilos (sourires). J’essaye de descendre à 85 kilos d’ici l’an prochain.

Quel message souhaiterais-tu faire passer ?

Au niveau diététique, si vous souhaitez maigrir, c’est vous-même qui devrez avoir ce déclic et déclencher cette perte de poids. C’est vrai qu’à Tahiti, on a aime manger, mais il faut essayer de se nourrir sainement. Le tahitien grignote énormément et j’ai moi-même excellé dans ce domaine.

Puis, un message aussi aux personnes ayant des soucis de santé liés au cœur, à l’hypertension, au diabète ou qui ont des problèmes d’arthrose… N’hésitez pas à vous renseigner sur le programme et n’ayez pas honte de consulter le médecin de M.S.S. Ça nous permet de faire des projets sur le long terme mais surtout de réaliser que l’on peut se métamorphoser physiquement et moralement.

Venez essayer cette discipline, c’est vraiment super ! Je vous assure que lors nos sessions avec notre super coach, on est toujours heureux ! Je vous le dis ! (sourire)