Il y a 30 ans, « peu après 10 heures du matin (22 heures à Paris), le 27 janvier 1996, une forte vague formée de cercles concentriques secoue les eaux habituellement calmes de l’atoll de Fangataufa, à 40 kilomètres au sud-est de Mururoa. La France vient de procéder à son dernier essai nucléaire souterrain d’une série de six. Nom de code de cette bombe H d’une puissance de 120 kilotonnes : Xouthos, du nom d’un philosophe et d’un personnage de la mythologie grecque. La puissance de la bombe larguée sur Hiroshima, le 6 août 1945 n’était que de 15 kilotonnes. Aussitôt des protestations s’élèvent de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon, des Philippines, de l’Indonésie mais aussi de la Norvège. De 1966 à 1974, la France a procédé à 46 essais aériens en Polynésie française et de 1974 à 1996 à pas moins de 147 essais souterrains toujours à Fangataufa et Mururoa. Après ce dernier essai, la France se décide enfin, en mars 1996 à ratifier le traité de Rarotonga qui créé une zone dénucléarisée dans le pacifique sud. En septembre, elle signe le traité d’interdiction complète des essais nucléaires ». (extrait d’un article du Journal Libération. 27 janvier 2021)
Localement, la Polynésie venait tout juste de sortir d’une période sombre puisque quelques semaines après l’annonce de la reprise de ces essais en juin 1995 par le président nouvellement élu, Jacques Chirac, des heurts et émeutes sans précédent, sur fond de contestation internationale, ont mis à sac la ville de Papeete et l’aéroport de Faa’a. De mémoire, jamais, affrontements n’avaient été aussi violents.
Trente ans après Xouthos, il reste de cette période particulière mais aussi des 30 ans qu’ont duré les essais nucléaires en Polynésie (de 1966 à 1996) des interrogations fortes et une volonté de reconnaissance de toutes les conséquences des essais nucléaires.
Des pas en faveur de cet objectif ont été faits par le Pays mais aussi l’Etat, à travers notamment la mise en place prochaine du Centre d’interprétation mémoriel des expérimentations atomiques françaises dans le Pacifique, « Pū Mahara ». Ce n’est pas suffisant, cependant. Aussi il nous faut, tous ensemble, écrire les grandes lignes de notre histoire, en favorisant la compréhension et la connaissance du fait nucléaire, à destination, notamment, de nos jeunes.
Nous espérons que la proposition de loi de madame la Députée Mereana REID ARBELOT visant à reconnaître les victimes de l’expositions aux essais nucléaires et améliorer leur indemnisation sera très prochainement votée par l’Assemblée nationale.
Le 2 juillet prochain, nous commémorerons les 60 ans du premier tir nucléaire « Aldébaran ». Ce sera l’occasion de rendre hommage aux victimes malades des essais nucléaires mais aussi aux femmes et aux hommes qui ont, à leur époque et avec leurs faibles moyens, dit « non » à ces essais.
Des images d’archive pour aller plus loin :








