« Le bleu du ciel n’est pas le bleu de la mer, ce bleu que moi je préfère. » Elle, ce n’est pas Vaiana mais Vaihea. Celle qui est née et a grandi sur l’atoll de Reao, situé à l’extrémité Est de l’archipel des Tuamotu, a toujours été bercée par le bruit des vagues. Tout naturellement, sa mère lui apprend tous les secrets des coquillages qui jonchent les plages et Vaihea commence à créer ses premiers bijoux avec ces trésors des océans. Il y a deux ans, Vaihea, connue sous le nom de Shelly Tahiti dans le milieu, décide de se lancer réellement dans l’aventure sur l’île de Taha’a. « Je trouve que les coquillages sont des trésors de l’océan, il y en a de toutes les formes et de toutes les couleurs. Chacun d’entre eux est unique, c’est ce que je trouve merveilleux dans les coquillages », confie la jeune femme. Elle avoue toutefois avoir une préférence pour les Cypraea (Cyprées) de la famille des porcelaines. « Ce sont mes coquillages préférés parce qu’ils brillent. »

Vaihea trouve ses inspirations au gré du vent et de ses balades. « Mes inspirations me viennent souvent en créant pas à pas, mais aussi quand je prends du temps pour moi en pleine nature. Je vois des coquillages et je commence à les imaginer assemblés de différentes manières, puis j’essaye d’en faire quelque chose, jusqu’à ce que cela prenne forme », raconte Vaihea.

Une passion et un métier qui lui prennent énormément de temps pour achever ses créations. « Selon moi, l’étape la plus délicate est la préparation des coquillages. Elle inclut le ramassage, le nettoyage, le séchage, le ponçage et le tri. Cela prend énormément de temps, mais toutes les étapes sont importantes pour donner les meilleurs résultats possibles. J’utilise divers outils, déjà pour le perçage, un marteau et un pic à glace, ou la perceuse électrique pour plus de précision. Ensuite essentiellement du nylon de pêche pour l’assemblage, du raphia, une aiguille, de la corde… », poursuit cette amoureuse de la nature.

Elle décrit ses créations comme un mélange des générations, celle d’une époque nostalgique avec une touche de modernité. « C’est le style élégant et jeune », résume-t-elle.

Artisane traditionnelle travaillant les coquillages, Vaihea accorde une grande importance à la protection des océans, des mers et des lagons. « Elle est notre mère nourricière et moi comme beaucoup d’entre nous en Polynésie, sommes très proches de l’océan. Nous avons un lien fort avec elle. La préservation des ressources marines est nécessaire et primordiale si nous voulons transmettre un bel avenir aux futures générations », insiste la native des Tuamotu.

Quant à l’artisanat traditionnel, ce métier qu’elle a choisi, il représente pour elle « une identité forte, un moyen de mettre en avant toute notre créativité, notre histoire et notre amour pour notre fenua et ainsi le partager au monde entier. À travers mes créations, j’aimerais transmettre mon admiration envers la beauté qu’offre notre océan. Je pense que notre art polynésien, quel qu’il soit, doit toujours être valorisé ».

Les articles similaires :