Le ministre de l’économie numérique et de la communication, Marcel Tuihani a répondu ce jeudi après-midi à l’assemblée de Polynésie à diverses interrogations des représentants au sujet de la situation de l’OPT (Office polynésien des télécommunications). Pour Marcel Tuihani, la décroissance des résultats financiers de l’office n’est pas due à l’arrivée de nouveaux opérateurs privés, Viti pour l’Internet en 2011 ou Vodafone pour la téléphonie mobile en 2013.Il en veut pour preuve que les résultats de l’OPT étaient en baisse depuis longtemps et que la décroissance s’était même accentuée en 2008, avant donc l’apparition de la concurrence sur certains secteurs d’activité autrefois uniquement opérés par l’office public. L’OPT en raison de sa mission de service public continue d’exercer des activités structurellement déficitaires : la distribution du courrier papier (déficit de 1,3 milliard de Fcfp en 2011) ou les services financiers des comptes chèques postaux (déficit de 1 milliard en 2011) ou encore les télécommunications fixes. Il assure pourtant que les prélèvements de dividendes envisagés par le gouvernement afin d’abonder le budget général du Pays (4 milliards de Fcfp sont prévus en 2013) «ne sont pas de nature à fragiliser le bon fonctionnement de l’établissement car il nous appartient de le remettre sur la voie du développement».Cela passera par des mesures d’économies sur les charges générales de l’office : limitation des voitures de service et de fonction et de leur utilisation, mais aussi réintégration au sein de la maison mère OPT des personnels de TNT ce qui permettra de faire des économies sur les charges qui pèse sur l’office. Cette réintégration a été actée lors du dernier Conseil d’administration de l’OPT a expliqué Marcel Tuihani qui a même annoncé que ces économies de charges de fonctionnement profiteraient en priorité aux consommateurs par la baisse du prix des communications à l’international.

Mais surtout l’OPT doit entrer dans une période de mutation profonde, un véritable changement des mentalités pour s’adapter aux nouvelles exigences des marchés. Il faut, explique le ministre, «raisonner comme un opérateur intégré. France Telecom est devenue Orange et a tout réintégré. Ici on a d’abord fait fusionner des filiales, mais la gouvernance des filiales et du groupe est séparée. Cela m’apparaît comme une absence de pilotage du groupe». Le développement des services financiers vers les clients de l’OPT comme cela s’est produit en métropole avec la création de la Banque Postale pourrait également être une piste, “je suis favorable au développement des activités financières” a déclaré Marcel Tuihani.

En matière technique enfin Marcel Tuihani s’est interrogé de la nécessité d’avoir recours à des opérateurs satellitaires coûteux pour la couverture Internet des archipels éloignés et sur les services offerts aux clients. Il a expliqué que pour assurer une couverture Internet efficace dans les archipels éloignés via le satellite il fallait prévoir “sur chaque île au moins deux antennes paraboliques motorisées” . Une solution qui paraît ainsi difficilement applicable à la multitude des îles polynésiennes. «On a un câble de 640 gigabits que l’on prolonge vers les usagers en fibre optique, mais si c’est pour proposer du 8 megabits ce n’est pas la peine. J’ai l’impression d’être sur une autoroute avec une Ferrarri mais je suis limité à 30 km/h». Une incohérence que le ministre souhaite corriger.