Marae maraetaa’tā : sécuriser sans dénaturer (Hiro’a n° 225 – Septembre 2026)

Marae Maraeta’atā : sécuriser sans dénaturer

RENCONTRE AVEC JAMES TUERA DE LA CELLULE LOGISTIQUE DE LA DIRECTION DE LA CULTURE ET DU PATRIMOINE.

À Pā’ea, la Direction de la culture et du patrimoine (DCP) engage des travaux pour renforcer la sécurité du marae Maraeta’atā. Portail, éclairage solaire, choix des matériaux et préservation de la végétation : chaque intervention est pensée pour protéger ce lieu sacré tout en respectant son environnement et son caractère patrimonial.

Les marae sont des lieux sacrés de la culture polynésienne, témoins de son histoire et de ses traditions. Autrefois lieux de cérémonies, de prières et de décisions importantes, ils restent aujourd’hui des espaces empreints de spiritualité et de respect. Fragiles et irremplaçables, ces vestiges méritent une attention particulière afin d’être transmis aux générations futures.

La Direction de la culture et du patrimoine (DCP), chargée de la gestion de plusieurs sites culturels au fenua, vient d’engager des travaux sur le marae Maraeta’atā de Pā’ea.

« Il s’agit avant tout de sécuriser le site, et non d’augmenter sa fréquentation. Les aménagements concernent principalement le remplacement ou le renforcement du portail, ainsi que l’installation d’un éclairage solaire », explique James Tuera, de la cellule logistique de la DCP.Ces interventions visent à préserver ce lieu emblématique, à valoriser son histoire et son importance culturelle et à améliorer les conditions d’accueil des visiteurs.

Protéger dans le respect du lieu

« Il s’agit donc de trouver un équilibre entre préservation du patrimoine, sécurité, accueil du public et transmission culturelle », résume le responsable.
Ces interventions tiennent également compte du paysage et de la végétation environnante.
« Nous cherchons à conserver au maximum le caractère naturel et paysager des lieux, notamment les bambouseraies, les tī’ari, les pūrau et les autres végétaux présents. Nous souhaitons également renforcer les espaces verts, notamment avec des jardinières dans lesquelles pourront être plantés, par exemple, des ‘auti », souligne la DCP, qui précise également devoir composer avec les contraintes liées à la vie des riverains, le site étant aujourd’hui entouré d’habitations :
« Nous devons parfois couper certains cocotiers en raison de la gêne occasionnée ou des risques qu’ils peuvent représenter. Le site évolue avec son environnement et notre société. Notre volonté est donc de préserver autant que possible ce qui existe, tout en adaptant le site aux réalités actuelles. »

La Direction de la culture et du patrimoine opte donc pour des matériaux durables, adaptés à l’environnement du marae.
« Nous privilégions, lorsque cela est possible, des matériaux qui s’intègrent harmonieusement au paysage tout en répondant aux exigences de sécurité et de pérennité. Il faut également éviter une artificialisation excessive du lieu. Les choix de matériaux sont donc guidés par un principe simple : aménager lorsque cela est nécessaire, sans dénaturer ce qui existe déjà », insiste James Tuera.

Maraeta’atā, un marae royal à découvrir

Le marae royal Maraeta’atā se trouve sur l’île de Tahiti, dans la commune de Pā’ea, au PK 19, côté montagne. Ce lieu sacré était autrefois consacré aux pratiques religieuses et cérémonielles.
Il se compose de trois marae, d’un petit enclos accolé au marae et d’une plateforme. Classé depuis 1952, l’ensemble est géré par la Direction de la culture et du patrimoine pour le compte de la Polynésie française.
Cet ensemble cérémoniel est dédié à trois chefs : Pouira o Tevā-hītūaipātea, Te-to’ofā et Punu-’aiatua.
Il a été décrit en 1925 par l’anthropologue américain Kenneth Pike Emory. Des fouilles et un projet de restauration y ont été menés entre 1973 et 1974 par l’archéologue français, José Garanger.
De 1980 à 2011, des travaux de sondage, de restauration, de fouille et d’étude ont permis d’enrichir les connaissances sur ce lieu emblématique. Puis, en 2011, un aménagement paysager a été réalisé par le Service de la culture et du patrimoine (future DCP).
Maraeta’atā témoigne de l’importance des lieux spirituels dans la société polynésienne traditionnelle et permet de mieux comprendre son histoire, ses mythes et ses légendes. Des panneaux d’information sur place permettent d’en apprendre davantage à ce sujet.

PRATIQUE

Marae Maraeta’atā
• Pā’ea, PK 19 côté montagne
• Ouvert tous les jours, de 8 h à 17 h
• Entrée libre

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Marae maraetaa’tā : sécuriser sans dénaturer (Hiro’a n° 225 – Septembre 2026)