1- Sensibiliser et faire connaître

La candidature des îles Marquises à l’inscription au Patrimoine mondial présente un enjeu de connaissance et de préservation du patrimoine naturel et culturel.

La candidature des TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises au Patrimoine mondial présente un enjeu majeur dans la préservation des connaissances et du patrimoine naturel et culturel dans sa globalité.

Le patrimoine naturel représente un objet d’étude pour la diversité des espèces floristiques ou faunistiques. Les zones d’occupations sont souvent petites, ce qui les rend particulièrement fragiles.

La disparition de cette biodiversité pourrait avoir des conséquences sur les équilibres écologiques. Certains savoirs traditionnels pourraient aussi être perdus à terme. Il est donc intéressant de constituer un observatoire pour l’océanographie, la botanique et l’étude des changements globaux dans le Pacifique.

Du point de vue culturel, l’inscription au Patrimoine mondial constituerait également un enrichissement des connaissances. Un travail de prospection et de relevé archéologique reste encore à mener afin d’améliorer les connaissances et compléter le travail d’inventaire déjà effectué.

Le patrimoine culturel présente encore aujourd’hui des caractéristiques bien vivantes provenant d’un héritage ancien malgré les ruptures dans la transmission des savoirs. Or, l’érosion des connaissances traditionnelles, toujours à l’œuvre, notamment en raison du changement sociétal en cours, rend l’effort de connaissance et de valorisation de cette culture toujours plus nécessaire. C’est dans cette perspective qu’œuvrent la fédération culturelle et environnementale des Marquises Motu Haka (créée en 1978) et l’Académie marquisienne (créée en 2000), avec la population, au travers de travaux scientifique ou éditoriaux, mais surtout grâce à l’élan du Matavaa, le festival des arts des Marquises. Ce festival, mis en place depuis 1987, constitue un tremplin puissant pour la réappropriation, le partage et surtout le dynamisme de cette culture.

Depuis quelques années, le souhait de conserver des savoirs et des objets s’est manifesté par la mise en place de musées dans toutes les îles. Ainsi, Nuku Hiva en compte deux (Taiohae et Hatiheu), comme Hiva Oa (Musée Gauguin et l’espace Jacques Brel à Atuona). Fatu Hiva dispose de la maison Grelet à Omoa, Tahuata (Vaitahu), ‘Ua Huka (Mairie de Vaipae) et ‘Ua Pou (Hakahau) ont également un espace patrimonial. Tous ces lieux privilégiés sont le fruit de la passion de femmes et d’hommes pour la valorisation de leur patrimoine.

Citons également l’initiative des aires marines éducatives (AME) dont la première au monde a été créée en 2013, à Tahuata.

Edgar TETAHIOTUPA
Dans cet interview, Edgar Tetahiotupa, anthropologue marquisien, nous rappelle l’importance d’œuvrer pour la préservation de ce qui fait la valeur universelle exceptionnelle de Te Henua Ènata – les îles Marquises.

Une Aire marine éducative (AME) est une zone marine littorale de petite taille (quelques hectares), gérée de manière participative par les élèves d’une école primaire.

Ce concept est né de l’imagination des enfants de l’école primaire de Tahuata aux Marquises. Suite à des échanges avec les scientifiques, les enfants ont alors exprimé le souhait de devenir responsables de leur propre aire marine protégée dans la baie en face de leur école.

Une initiative pilote a été lancée aux Marquises pour structurer la démarche en réseau. 6 aires marines éducatives ont ainsi vu le jour en 2014 et ont été fédérées dans le projet « Pukatai », (“corail“ en marquisien). L’ensemble de ces AME figure ainsi le premier réseau pilote d’aires marines éducatives reconnues par un label entièrement polynésien.

La renaissance culturelle marquisienne

Le lien des Marquisiens avec leur terre a survécu grâce à la persistance de la langue et, avec elle, d’une partie de la tradition orale ainsi que de nombreux savoir-faire reliant les Ènata à leurs origines.

Aujourd’hui, les habitants de l’archipel se les sont réappropriés à travers la sauvegarde et la restauration de sites anciens, sur lesquels sont organisées les festivités du Matava’a o te Fenua Enata, le festival des arts des Marquises, littéralement le « Réveil des Marquises. »

Initié en 1986 par l’association culturelle Motu Haka o te Fenua Enata, ce festival, dont la première édition a eu lieu en 1987 sur l’île de Ua Pou, est organisé tous les deux ans. Il a pour but de maintenir vivace et de célébrer la culture marquisienne et polynésienne. Pour l’occasion, la population locale se rassemble dans les espaces communautaires d’hier, les tohua, pour leur redonner la fonction de place des festivités, à l’image des koina, les grands rassemblements communautaires marquisiens d’antan.

Les six îles de l’archipel préparent ce regroupement humain et culturel afin de partager leur spécialité artistique. Au programme : des prestations de danse et de chant, des démonstrations de tatouage, de tapas, de sculptures ainsi que de nombreux ateliers d’initiation : sports coutumiers, récits et contes, médecine et cuisine traditionnelle, costumes…

Cet événement, véritable exposition en grandeur nature de l’héritage culturel insulaire de l’archipel, invite également des délégations des autres archipels de la Polynésie et de l’extérieur (l’île de Pâques, Hawaii, la Nouvelle-Zélande…).

2- Préserver

Conscients de la fragilité de leur culture, les marquisiens se sont organisés pour préserver la richesse de leur Fenua.

Aujourd’hui, la conservation et la promotion de la langue associées au maintien des pratiques artistiques et des savoir-faire traditionnels marquent l’engagement fort d’un peuple tout entier.

L’inscription de ses îles au Patrimoine mondial sera la reconnaissance de cette volonté de protéger ses valeurs mais aussi de les faire connaître et les partager avec le monde entier.

Te Haè tuhuka èo ènana
L’académie marquisienne est née de la volonté de préserver la langue marquisienne

Créée en janvier 2000 par l’Assemblée de la Polynésie française, l’Académie marquisienne « Tuhuna Èo Ènata », a pour mission de sauvegarder et d’enrichir la langue marquisienne.

Par son action, elle oeuvre ainsi à la défense de cet héritage ancestral pour le transmettre aux jeunes générations. C’est ainsi qu’elle participe notamment à la traduction en marquisien d’ouvrages destinés aux élèves des écoles élémentaires des îles Marquises. Elle édite également plusieurs ouvrages et a même fait réaliser deux dessins animés en marquisien !

Elle compte 13 académiciens, 2 membres actifs et 1 secrétaire qui se réunissent tous les mois dans une des six îles habitées de l’archipel, généralement durant les vacances scolaires. L’Académie perçoit chaque année une subvention du Pays qui lui permet de poursuivre sa mission principale.

Pour découvrir les membres de l’académie

En 1977, une poignée de jeunes Marquisiens créèrent l’association Motu Haka. Leur but était de faire revivre les pratiques qui constituaient la culture et l’identité marquisienne d’avant la colonisation (danse, chant, tatouage, sculpture, médecine traditionnelle, tapa…) et de réhabiliter la langue marquisienne.

L’association entreprit un travail laborieux de collecte des secrets des pratiques anciennes auprès des porteurs de savoirs et des doyens des îles. En effet, ces derniers, si imprégnés par la religion chrétienne, qui diabolisait la culture ancestrale, ne souhaitaient pas faire ressurgir les fantômes du passé.

Grâce au soutien de Monseigneur Hervé Le Cléac’h, Breton d’origine, évêque des Marquises de 1973 à 1986, l’association Motu Haka a pu s’adresser aux anciens qui lui livrèrent les secrets des traditions du passé et permirent le renouveau de la culture marquisienne, à partir des années quatre-vingt. C’est également à cette époque qu’est né le festival des Îles Marquises, le Matavaa, qui a lieu tous les deux ans, et rassemble les danseurs et chanteurs de toutes les îles de l’archipel. Par ailleurs, l’initiative de Motu Haka a même conduit à la création de l’Académie Marquisienne, véritable garante de la préservation de la langue et de la culture marquisienne.

3- Espace médiathèque

Musée de Tahiti et des îles

Centre Culturel Paul Gauguin et Espace culturel Jacques Brel, Hiva Oa
tel:(689) 40.92.78.97

Salle patrimoniale de Hatiheu, Nuku Hiva

Musée communal de Ua Huka

Musée de Hane, Ua Huka

Musée archéologique de Vaipee, Ua Huka

Musée de la pierre et des pétroglyphes, Hokatu, Ua Huka

Écomusée de Hakahau, Ua Pou Musée Grelet, Fatu Hiva

Tohua Upeke

http://www.culture-patrimoine.pf/IMG/jpg/Modele-de-fiche-Archeo—To.jpg

Le patrimoine archéologique de l’île de Hiva Oa
https://www.service-public.pf/dcp/wp-content/uploads/sites/25/2024/05/DAP_5_Ed_2014.pdf

Étude paléoécologique et archéologique de l’île de Ua Huka
http://www.culture-patrimoine.pf/IMG/pdf/dap_no_1_couverture_a_p._41.pdf

Bilan de la recherche archéologique en Polynésie française 2001-2002 – Les îles Marquises p.69 à 110

https://www.service-public.pf/dcp/wp-content/uploads/sites/25/2024/04/DAP-2.pdf

‣ Mallette pédagogique en téléchargement depuis le site de la Direction de la culture et du patrimoine de Polynésie
française

Charte citoyenne pour le respect du patrimoine archéologique et historique
http://www.culture-patrimoine.pf/spip.php?article452

Savoir-faire traditionnels de l’archipel des Marquises
http://www.culture-patrimoine.pf/spip.php?article216

Le ua’ma, silo de conservation du fruit de l’arbre à pain
http://www.culture-patrimoine.pf/spip.php?article175

‣ Le patrimoine polynésien entre les mains des jeunes – Kit
pédagogique à l’usage des enseignants édité par la JCI
Tahiti en 2013

10 fiches pédagogiques, parmi lesquelles :

https://www.jcitahiti.com/wp/index.php/actions-2013/2012-2/kit-deducation-des-jeunes-au-patrimoine-polynesien/