1- Un projet d’envergure

Le mot du Président
Le Président de la Polynésie Française, Monsieur Edouard Fritch, est heureux que ce projet d’inscription des îles Marquises sur la Liste du Patrimoine mondial soit d’abord porté par la communauté marquisienne. Le Pays souhaite que ce projet ambitieux soit moteur d’un développement durable pour l’archipel.

Une inscription en tant que « Bien Mixte »

Les îles Marquises sont inscrites sur la liste indicative des biens français depuis 1996 en tant que bien culturel. En 2010, elles font l’objet d’une nouvelle inscription en tant que bien mixte.

Initié à la demande des Marquisiens en 1996, la candidature de l’archipel sur la Liste du patrimoine mondial a évolué au fil des ans.

Aux prémices du projet, la demande d’inscription sur la liste indicative des “biens français” comprenait uniquement la partie culture. Il s’agissait donc à cette époque d’une candidature en tant que “bien culturel”.

Dorénavant, et ce depuis 2010, les Marquises font l’objet d’une nouvelle inscription. La candidature associe à la fois la culture et la nature ; on parle désormais de “bien mixte”.

Pour prétendre à une inscription sur la liste du Patrimoine mondial, Te Henua Ènata – les îles Marquises, doivent justifier d’une Valeur Universelle Exceptionnelle** (V.U.E). Pour ce faire, la candidature doit répondre à au moins un des dix critères de sélection définis par l’UNESCO* (5 critères nature, 5 critères culture). Dans le cadre du dossier de candidature de l’archipel marquisien, celui-ci répond à 6 critères (3 culture, 3 nature).

Te Henua Ènata – les îles Marquises, sont déjà reconnues pour leurs paysages spectaculaires et pour la diversité de la faune et de la flore terrestre et marine. Cependant cette faune et cette flore évoluent sur des territoires très petits, les rendant vulnérables. Avec l’inscription sur la liste du Patrimoine mondial, Te Henua Ènata – les îles Marquises pourraient ainsi devenir un exemple unique au monde d’un territoire insulaire ayant su sauvegarder sa richesse océanographique et botanique. L’assurance donc d’une visibilité internationale et d’un nouveau regard des habitants sur cette richesse qui les entoure tout en les encourageant à la préserver.

A l’échelle locale, cette adhésion a pour envergure d’associer la protection du patrimoine culturel et naturel, d’encourager le maintien et la transmission des connaissances traditionnelles et ainsi de préserver cet héritage, les fondements de l’identité marquisienne, pour les générations à venir. L’inscription doit alors concilier protection et développement économique, à la condition de mettre en place un plan de gestion adapté et approuvé par tous.

Ce projet est mené grâce à l’implication de la population marquisienne, en concertation avec les institutions du Pays et avec le soutien du Président de la République.

Découvrez la liste des biens français inscrits


*L’Unesco: (Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture) se manifeste notamment par la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde, considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité.

**La Valeur Universelle Exceptionnelle: “La VUE signifie une importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l’ensemble de l’humanité.” 

Le mot du Ministre

Le Ministre de la culture, de l’environnement, des ressources marines, en charge de l’artisanat, Monsieur Heremoana Maamaatuaiahutapu, expose les raisons pour lesquelles ce dossier de candidature est si particulier.
https://youtu.be/mykZUB_c7ps?si=IiNRgbkLk_VeLDBG

L’isolement de l’archipel associé aux caractéristiques géomorphologiques et océanographiques propres aux îles Marquises engendrent une combinaison de processus écologiques et biologiques naturels très rares au niveau de l’écosystème marin.

Les modalités d’adhésion sur la liste du Patrimoine mondial reposent sur plusieurs critères de sélection exprimés par l’UNESCO, qu’ils soient culturels et/ou naturels.

Pour y répondre, le candidat doit mettre en avant sa Valeur Universelle Exceptionnelle* (V.U.E) et démontrer qu’il répond à au moins un des dix critères.

En ce qui concerne le dossier de candidature TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, celui-ci répond à 6 critères sur 10  définis par l’Unesco (3 nature / 3 culture) dans la catégorie “Bien Mixte”, à savoir :


CULTURE

– Critère iii – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, portent un témoignage exceptionnel d’une tradition culturelle, d’une civilisation vivante, qui a failli disparaître.

– Critère iv – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, constituent un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural (paepae) ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine.

– Critère vi – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, sont directement ou matériellement associées à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.


NATURE

– Critère vii – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, représentent des phénomènes naturels remarquables et des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelle.

– Critère ix – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, constituent des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et des communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins.

– Critère x – TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, abritent des habitats naturels importants pour la conservation in situ de la diversité biologique et ont été identifiés au niveau international comme constituant une zone à fort enjeux de conservation au regard du patrimoine naturel terrestre et marin exceptionnel.

C’est d’ailleurs ce qui en fait sa singularité et toute sa complexité puisqu’il s’agit d’un dossier mixte (nature/culture), en série (plusieurs îles) et intégrant des périmètres à la fois terrestres et marin.

A titre d’exemples, les pitons volcaniques de l’île de Ua Pou, les dauphins d’Electre ou encore le me’ae ‘I’ipona (Hiva Oa) font partie de cette “VUE”, déterminante pour une inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le processus d’inscription

Le processus d’inscription sur la liste du patrimoine mondial est un long chemin qui se fait sur plusieurs années. Seuls les pays signataires de la convention du patrimoine mondial peuvent présenter, pour examen, des propositions d’inscription de biens situés sur leur territoire.

De nombreuses étapes sont à franchir, au niveau national et international, avant d’intégrer la liste des biens inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO.


A l’échelle nationale :

1) Figurer sur la liste indicative des biens français

Cette liste est un inventaire des biens que la France a l’intention de proposer à l’inscription au Patrimoine mondial. La France considère ces biens comme étant un patrimoine culturel et/ou naturel d’une Valeur Universelle Exceptionnelle (V.U.E) susceptible d’être inscrits sur la liste du patrimoine mondial.

1996 : inscription des îles Marquises sur la liste indicative de la France en tant que “bien culturel”

Depuis 2010 : nouvelle inscription des îles Marquises sur la liste indicative de la France, mais cette fois-ci en tant que bien mixte (à la fois culture et nature)

2) Constituer le dossier de candidature

Ce dossier doit démontrer la Valeur Universelle Exceptionnelle (V.U.E) du bien à travers les 10 critères fixés par l’UNESCO et proposer des outils de gestion permettant de le protéger et de le mettre en valeur. La constitution de ce dossier se déroule en 3 étapes qui sont à terme validées par le Comité français du patrimoine mondial (CFPM).


A l’échelle internationale :

3) Être sélectionné par la France

Le dossier de candidature est déposé par la France, état-partie signataire de la convention du patrimoine mondial, auprès du Centre du patrimoine mondial qui devra valider le caractère complet du dossier et son enregistrement sur la liste des candidats. Le dossier est alors transmis aux organisations consultatives de l’UNESCO.

4) Examen du dossier par les experts internationaux

Le Centre du patrimoine mondial transmet le dossier de candidature à ses organes consultatifs : le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) pour l’évaluation des aspects culturels et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour les aspects naturels du bien. Des experts internationaux feront une visite de terrain pour évaluer la pertinence du bien au regard des critères de l’UNESCO, son état de conservation et sa gestion. Les experts rendront alors leur avis sur le dossier.

Anatauarii TAMARII – Coordinateur du dossier
Dans cet interview, Anatauarii TAMARII insiste sur la nécessité de délivrer un message clair et transparent à la population marquisienne concernant le dossier de candidature.

5) Inscription sur la liste du patrimoine mondial

Les membres du Comité du Patrimoine mondial votent pour l’inscription du bien sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Comité français du Patrimoine mondial (CFPM)

Le CFPM est un comité d’experts placé sous l’autorité des ministères en charge de la Culture et de la Transition écologique et solidaire qui a pour mission d’accompagner et d’expertiser les dossiers de candidature sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Si le gouvernement de la Polynésie française a amorcé le processus de reconnaissance des Marquises, Te Henua Ènata – les îles Marquises, c’est l’État Français, État-partie à la Convention du patrimoine mondial depuis 1975, qui portera le projet devant l’UNESCO. Dans ce cadre, c’est le CFPM qui, dans sa mission d’accompagnement des porteurs de projet, examine et valide les propositions d’inscription en trois étapes distinctes.

Etape 1 : Analyse et validation des grands principes de la V.U.E potentielle du bien et de ses critères.

Etape 2 : Examination et validation des attributs qui illustrent le bien, de l’analyse comparative qui démontre l’authenticité, l’intégrité et la robustesse de ces attributs par rapport à d’autres biens similaires, des principes de délimitation de sa zone tampon.

Etape 3 : Contrôle et validation du plan de gestion.

Le CFPM établit à chacune de ces étapes une appréciation, sur la base d’un dossier, d’une audition des porteurs de projet et du rapport d’un ou des membre(s) désigné(s) par ce Comité chargé(s) d’accompagner les porteurs de projet dans l’élaboration du dossier de candidature.

La Polynésie française a déjà franchi les 2 premières étapes dans la construction du dossier de candidature. L’audition de l’ultime étape a été fixée à la date du 18 octobre 2022.

2- Richesse du patrimoine naturel

TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises possèdent un patrimoine terrestre et marin exceptionnel !

Dépourvues de constructions récifales et de lagons, elles se distinguent des autres formations insulaires du Pacifique par ses paysages naturels hors du commun mais également par l’abondance et la multiplicité de sa faune et de sa flore.

Les îles abritent des aires naturelles encore vierges et luxuriantes et font de l’archipel un modèle remarquable de l’évolution des espèces en milieux insulaires océaniques.

Cette richesse naturelle se présente sous plusieurs formes : des pitons volcaniques, des espèces marines évoluant en abondance près des côtes (Dauphins d’Electre, raies Manta…), un écosystème sauvage, des volcans effondrés,  des falaises maritimes ou encore les espèces d’oiseaux et animaux rares.

Grâce à ce patrimoine naturel unique, l’archipel est reconnu par les principales organisations internationales non-gouvernementales impliquées dans la protection de la nature, comme une zone de grande importance pour la conservation de la biodiversité terrestre et marine.

TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, c’est aussi des paysages naturels exceptionnels sublimés par la beauté sauvage et puissante de ses montagnes escarpées, ses pitons dressés, ses hautes falaises, ses cascades vertigineuses et ses vallées profondes et étroites. Tout y est réuni pour attiser l’impression de verticalité qui capte instantanément le regard du voyageur.


De la verticalité des paysages…

Observer les paysages marquisiens, c’est hisser son regard jusqu’aux sommets et crêtes des montagnes spectaculaires dressées au milieu de l’océan puis le laisser plonger à pic du haut des falaises vertigineuses dans une mer au bleu profond. Sur ces petites îles du Pacifique, les reliefs, issus d’anciens volcans effondrés et surplombant l’océan, sont parmi les plus haut du monde.

L’originalité des paysages est étroitement liée à la géomorphologie, aux formes spectaculaires du relief très marqué des îles et à leur forte naturalité. L’archipel des Marquises est constitué d’îles et îlots volcaniques jeunes, dont les reliefs correspondent aux crêtes sommitales d’immenses volcans éteints depuis environ deux millions d’années. Ces reliefs très accidentés et très verticaux sont bien différents par rapport à d’autres îles volcaniques de la région Pacifique, pour la plupart plus anciennes. Ils prennent la forme de pitons, d’aiguilles basaltiques issues de l’extrusion de lave sculptée par l’érosion, de crêtes acérées, de falaises maritimes abruptes et de haute altitude directement en contact avec le grand océan du fait de l’absence de récifs frangeants protecteurs, contrairement aux îles anciennes de Polynésie. Ici, les géants de pierre sont en prise directe aux tumultes des eaux. La tradition orale nous rappelle que les anciens habitants de ces îles les ont souvent décrits comme de valeureux guerriers. À l’image des pics et pitons, présents surtout à ‘Ua Pou, qui par leur forme très effilée, régulière, et leur concentration sur de si faibles surfaces en font une originalité géomorphologique unique au monde. Cette beauté des paysages est rehaussée par la majesté des côtes jalonnées de grandes baies et de vallées profondes qui s’enfoncent dans les forêts ainsi que par la densité des forêts d’altitude. Ces perspectives sont particulièrement saisissantes depuis la mer, sur certaines côtes et dans les espaces d’altitude, qui réunissent les caractéristiques esthétiques les plus remarquables. La verticalité du paysage donne lieu à des effets de lumières que les rayons du soleil produisent tout au long de la journée à travers une alternance de vert impérial d’une végétation exubérante sur les crêtes et des nuances de noir des roches littorales et des escarpements mis à nu.

… au spectacle de la vie sauvage.

Ce tableau sert de décor au fabuleux spectacle de la vie sauvage marine. Elle s’observe particulièrement depuis les espaces côtiers des îles.

Aux Marquises, certains phénomènes naturels liés aux comportements de la faune marine ne s’observent nulle part ailleurs. C’est par exemple l’un des rares endroits au monde où les deux espèces de raies Manta (Manta boristris et Manta alfredi) peuvent être observées ensemble et y sont particulièrement abondantes. Des dauphins d’Electre ou péponocéphale (Peponocephala electra) sont également présents en abondance dans la bande marine côtière alors qu’ils vivent généralement en haute mer.

Tous ces phénomènes sont extrêmement rares au niveau mondial et donnent à ces paysages terrestres et marins un intérêt esthétique et patrimonial exceptionnel.

L’isolement de l’archipel associé aux caractéristiques géomorphologiques et océanographiques propres aux îles Marquises engendrent une combinaison de processus écologiques et biologiques naturels très rares au niveau de l’écosystème marin.

L’isolement des îles, associé aux caractéristiques géomorphologiques et océanographiques propres à l’archipel engendrent une combinaison de processus écologiques et biologiques naturels très rares au niveau de l’écosystème marin.

En effet, les Marquises sont les rares îles du Pacifique à ne pas avoir de barrière de corail. Plus exactement, le processus de formation de cette barrière a été interrompu. Elle se présente aujourd’hui sous la forme d’un platier ennoyé, ceinturant toutes les îles de l’archipel à une profondeur comprise entre 100 et 150 mètres, mais qui n’est pas surmonté d’un récif barrière contemporain.

De plus, dans la zone tropicale du Pacifique, les eaux sont relativement pauvres en éléments nutritifs. Or, les eaux côtières marquisiennes ont des taux de phytoplanctons beaucoup plus élevés que dans le reste des eaux polynésiennes. Cet enrichissement biologique est fondamental puisqu’il se répercute sur l’ensemble de la chaîne alimentaire et la biodiversité locale.

Ces caractéristiques font de l’espace côtier un véritable « oasis océanique »! Pour les poissons côtiers, cette aire marine est caractérisée par une biomasse* parmi les plus élevée au monde, tant par leur abondance que par leur taille!

Toutes ces spécificités font en sorte que l’écosystème marin est encore bien préservé, ce qui en fait l’un des plus intacts de la planète.

Cependant, si la diversité de certaines espèces est assez importante aux Marquises, il n’en demeure pas moins que les zones d’occupations sont souvent petites, ce qui les rendent particulièrement fragiles. Leur disparition pourrait avoir par exemple des conséquences sur les équilibres écologiques mais aussi sur le maintien de certains savoirs traditionnels.

* L’indicateur biomasse des poissons est couramment utilisé pour connaître l’état du milieu marin. Les poissons sont sensibles aux conditions du milieu marin et les peuplements peuvent donc évoluer si les conditions se dégradent. En général, si les poissons se raréfient, la biomasse diminue.

L’isolement et la morphologie particulière des îles Marquises ont également créé des lieux uniques d’une grande richesse écologique et d’un endémisme remarquable !

La verticalité de son relief (très accidenté) associé à des facteurs climatiques (pluviométrie, température, exposition au vent) et à l’isolement de l’archipel sont à l’origine d’une grande variété d’habitats naturels indispensables à la conservation d’une faune et d’une flore endémiques* et/ou menacées (plantes, oiseaux et mollusques terrestres) réparties dans les trois étages bioclimatiques : les forêts sèches et semi sèches, les forêts hygrophiles** et les forêts ombrophiles***. Les principaux types (ou étages) de végétation naturelle et les espèces végétales composant la flore marquisienne, sont liés à l’altitude et à la pluviométrie, allant des espaces littoraux aux sommets ventés de 1000-1200 m d’altitude.

Le milieu marin côtier enregistre un taux d’endémisme élevé pour les poissons, mollusques et crustacés côtiers, qui se caractérise notamment par l’abondance des poissons prédateurs de grande taille. Ce dernier paramètre étant généralement marqueur d’un écosystème marin d’une grande intégrité! Il présente également une grande diversité de 43 espèces marines emblématiques (raies, requins, mammifères marins). Ces espèces utilisent les différents habitats pour réaliser les étapes clés de leur cycle de vie.

Les îles Marquises abritent 21 espèces d’oiseaux marins nicheurs. Elles constituent ainsi un record en termes de diversité pour les archipels du Pacifique Sud. Celle-ci est d’autant plus remarquable lorsqu’elle est rapportée à la faible superficie terrestre des îles. Cependant, si la diversité des oiseaux est importante, les populations sont souvent petites ce qui les rend assez fragiles.

* Une espèce endémique est une espèce qui se trouve uniquement dans un lieu, un endroit donné. (exemple :  le Pahi ou Martin-chasseur des Marquises, uniquement présent sur l’île de Tahuata).

**Forêt hygrophile: forêt, poussant sur des sols volcaniques fertiles, et qui ne manque ni de soleil, ni d’eau.

***Forêt ombrophile: forêt dans les zones humides, tropicales.

Plusieurs îles sont reconnues à l’international pour leur biodiversité remarquable:

-L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Fond mondial pour la nature (WWF) considèrent l’archipel comme un centre de diversité pour les plantes (Center of Plant Diversity) parmi 250 autres lieux.

-Ses forêts tropicales humides ont également été intégrées dans l’Écorégion des forêts du Pacifique Sud définie par le WWF.

-TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, sont en plus considérées comme zone d’endémisme* pour les oiseaux (Endemic Bird Area) en raison des menaces existantes sur l’avifaune** et du nombre élevé d’espèces menacées.

-De plus, l’archipel des Marquises est à la fois une écorégion et une province, toutes deux rattachées à la grande région marine de l’Indo-Pacifique-Est, en raison de la singularité de son milieu marin (haute productivité primaire, forts taux d’endémisme) à l’instar de Rapa Nui (Chili). Ces deux écorégions marines ont d’ailleurs été identifiées pour la conservation de la biodiversité par le programme marin de l’Unesco.

*L’endémisme: caractérise la présence naturelle d’un groupe d’espèces animales et/ou végétales exclusivement dans une région géographique délimitée.

**Avifaune: est un groupe composé d’oiseaux, de la même espèce ou d’espèces diverses, qui partagent le même écosystème.

3- Richesse du patrimoine culturel

Fortes de cette nature majestueuse, TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises, sont également reconnues et tant appréciées pour sa culture si riche et singulière !

Mystique, magique ou encore intime, ce patrimoine culturel propre aux Marquises interpelle au-delà des frontières de la Polynésie française.

Cette richesse culturelle témoigne en outre des formidables capacités d’adaptation des civilisations du Pacifique dans un environnement insulaire et isolé. Elle s’est forgée au fil des épreuves, de son histoire passée, de son environnement et de son développement.

Arrivés par la mer vers l’an mille et dotés de connaissances enrichies au cours de leur extraordinaire épopée du peuplement du Pacifique, ces polynésiens appelés Ènata (“Homme” en langue marquisienne) se sont organisés en chefferies et installés progressivement dans les vallées. Ces vallées deviendront d’ailleurs à compter du XVe siècle leur principal lieu de vie jusqu’au contact avec les Européens.

S’en suivra ensuite un choc démographique, et avec lui, la disparition d’une grande partie de la culture ènata, qui, après 1842, date de l’annexion de l’archipel par l’administration française, aura presque cessé d’exister.

L’originalité de cette culture réside à la fois dans son organisation spatiale et humaine mais aussi dans l’usage qu’elle fait de la roche qui se trouve en abondance sur ces îles volcaniques. Base du développement d’une architecture monumentale domestique (paepae) et cérémonielle (tohua et me’ae) bien spécifique à l’archipel, la roche est aussi le support d’une expression artistique exceptionnelle à travers la sculpture (tiki) et les gravures rupestres (pétroglyphes) qui sont autant de traces du rapport des Ènata à leur environnement. Ce lien étroit entre l’Homme et la nature nous est également rappelé par la tradition orale, qui évoque à travers les récits, mythes et légendes conservés, l’origine commune qui unit les êtres humains à la nature.

Les spécificités environnementales des îles ont conduit les Ènata (“homme” en langue marquisienne) à s’établir de façon prépondérante au sein des vallées. À la différence de la plupart des îles hautes rencontrées en Polynésie orientale, TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises sont dépourvues de barrières récifales et de larges bandes côtières hospitalières. L’espace est cloisonné en de multiples vallées encaissées, séparées les unes des autres par des arêtes et pics vertigineux, ceinturées par de hautes crêtes, et s’ouvrant directement sur la mer par des plages de sable ou de gros galets.

La topographie des îles, l’accès à l’eau et au rivage sont les trois facteurs qui ont compté dans le choix de l’implantation humaine. Les crêtes pouvant marquer des frontières nettes entre territoires et chefferies. Les nombreux témoignages véhiculés à la fois par la tradition orale et les preuves archéologiques nous attestent de l’organisation humaine qui était mise en place.

Ces preuves archéologiques matérialisées par de nombreux vestiges en pierre sont particulièrement dense au sein des vallées. Ils représentent les anciens centres de vie des chefferies ènata.

Au sein des vallées, les différentes structures d’habitats et espaces de la vie s’organisent le long des cours d’eau, depuis le bord de mer jusqu’en fond de vallée. Trois groupements principaux d’habitats étaient distingués:

– le littoral était plutôt réservé à la pêche et considéré comme dangereux en raison des risques de tsunami et des incursions fréquentes des chefferies ennemies;

– la moyenne vallée rassemblait la majorité de la communauté humaine et les espaces de cultures. Elle concentrait les plateformes d’habitat domestique (paepae), les complexes cérémoniels (tohua et me’ae) entourés d’arbres et de plantes utiles et sacrées, des fosses-silos (ua ma) qui formaient des réserves alimentaires indispensables en cas de pénuries, des terrasses agricoles aménagées et organisées par un système d’irrigation.

– le fond de vallée était un espace tapu (interdit ou réservé à certaines personnes), parfois marqué par des lieux cérémoniels à l’accès limité. Les limites de la vallée, matérialisées par les crêtes, étaient des espaces stratégiques d’observation, de défense et de déplacement des populations entre les vallées.

À l’extérieur de la vallée, le territoire s’étendait sur d’autres espaces, moins favorables à une vie sédentaire. Ils étaient visités occasionnellement car riches en ressources utiles et rares.

Ce modèle a été répliqué et adapté dans l’ensemble des vallées des îles de l’archipel au fur-et-à-mesure de la croissance de la population. Il est caractéristique de l’organisation territoriale des chefferies ènata et ne se retrouve nulle part ailleurs.

Ce patrimoine culturel se manifeste également par une forte richesse artistique fièrement préservée au fil des ans ! Cet art se retrouve encore aujourd’hui dans la pierre à travers la sculpture (tiki), la gravure (pétroglyphes) ou encore grâce aux dalles

L’histoire des Marquises se retranscrit à travers cet héritage artistique.

La sculpture : une expression artistique bien spécifique ! Sur ces îles volcaniques, l’on trouvait en abondance une roche basaltique bien souvent utilisée dans la sculpture. Ce mode d’expression était le reflet des systèmes de pensée ‘Enata. Ils considéraient la roche comme un élément vivant, qui « grandit » au fil du temps et renferme le mana (puissance invisible). Elle devient alors un support privilégié pour être sculptée ou gravée. Tous les autres matériaux sur lesquels étaient pratiqués des gestes artistiques tels que le bois, les coquillages, la nacre, les ossements, etc. se retrouvent en grande partie dans des musées et collections étrangères.

Les tiki : Le corps humain était le motif central de l’art des Marquises. Pour les ‘Enata, le terme générique de tiki désigne aussi bien le motif stylistique omniprésent dans leur quotidien et incorporé sur les objets usuels, la peau (tatouage), les pétroglyphes que sur les statues anthropomorphes** elles-mêmes. Tiki symbolise généralement un ancêtre divinisé (un chef, un guerrier, un prêtre), mais selon les cas il peut figurer un héros dont les exploits sont narrés dans les traditions orales, ou la manifestation terrestre d’un dieu. Les Hommes auraient sculpté la première statue Tiki pour garder le souvenir de leur créateur. Le tiki est devenu un véritable emblème dans toute la Polynésie et occupe encore aujourd’hui une place importante dans la culture locale. Les tiki sont variés tant par leur taille que par leur positionnement dans l’architecture (posés ou bien enchâssés au bâti). La massivité des pierres utilisées évoque celle des corps trapus figurés. Ils sont sculptés dans un seul bloc de pierre, fréquemment composé de trois tiers quasi égaux (tête, tronc, jambes). Les tiki étaient érigés sur les lieux sacrés (me’ae) ou à côté de l’aire cérémonielle publique (tohua) et ils pouvaient atteindre des tailles monumentales (ex : Takai’i sur le me’ae Iipona).

Les pétroglyphes***: les Marquises recensent la plus grande quantité de pétroglyphes et une diversité plus riche de motifs rencontrés en Polynésie française. Ils utilisaient cette forme d’expression pour figer dans la pierre leur rapport au monde. Qu’il s’agisse des formes animales reconnaissables ou bien des formes en spirales ou géométriques, le registre recensé est très varié et partage un lien avec l’art du patutiki, le tatouage. En effet, certains motifs se retrouvent sur les deux supports. La plupart des pierres se présentent sous leur forme naturelle et se trouvent éparpillées autour des sites d’habitation, des complexes rituels, d’anciennes pistes, au bord des rivières et sur les crêtes. Ils pourraient agir comme des catalyseurs, possibles garants de la protection des divinités.

*Tuf volcanique: roche tendre résultant de l’accumulation de débris volcaniques (blocs et cendres) qui se sont consolidés sous l’action des eaux d’infiltration.

**Anthropomorphes: Qui a la forme, l’apparence d’un être humain.

***Pétroglyphes: gravure sur roche naturelle

Malgré les contraintes topographiques, les Ènata se sont révélés de véritables bâtisseurs qui ont appris à maîtriser la construction sur les terrains en pente des vallées pour enraciner leur habitat. Ils ont construit des plateformes surélevées typiques

Une architecture monumentale…

Ces plateformes, appelées paepae, généralement carrées ou rectangulaires formées de pierres de grande taille en maçonnerie sèche, pouvaient atteindre 6m de hauteur. Elles formaient l’unité de base de l’architecture monumentale marquisienne et servaient de soubassement aux maisons en bois. Elles avaient la particularité d’être à deux niveaux avec une terrasse basse extérieure et un niveau plus élevé couvert, réservé à l’intimité et au sommeil. Les dalles de tuf (ke’etu) placées sur champs, sculptées ou pas, servaient à délimiter les deux niveaux. La nature de la roche utilisée et la présence de motifs sculptés permettent de distinguer encore aujourd’hui les demeures d’une personne de haut rang de celles des communs. La construction de ces plateformes marquait non seulement la volonté de se dégager du sol et de l’écoulement des pluies torrentielles, mais était aussi le moyen de rattraper la déclivité des pentes des vallées sur lesquelles était édifié l’habitat.

… et peu hiérarchisée

Aux Marquises, ces plateformes monumentales d’habitation n’étaient pas seulement réservées aux personnes de haut rang. L’Homme du commun tout autant que le prêtre (tau’a) ou le chef (haka’iki), chaque individu, quelque que soit son statut social, habitait dans une maison en bois au toit de feuilles tressées (fa’e ou ha’e) édifiée sur un soubassement en pierre (paepae). L’habitat marquisien apparaît ainsi monumental et peu hiérarchisé, à la différence du reste du Pacifique. C’est à partir de ce module de base que se déclinaient les complexes architecturaux cérémoniels.

Le tohua, complexe cérémoniel, était au centre de la vie de la communauté. Il matérialisait le prestige d’un chef, le haka’iki, et la cohésion du groupe social réuni sous son autorité. Place publique, lieu de rassemblement, il se présentait habituellement sous la forme d’un grand espace de danse rectangulaire – qui pouvait dépasser 150m de longueur – entouré de différents bâtiments (paepae) aux fonctions spécifiques : habitation du chef, des guerriers, des tau’a (prêtre), les sites dédiés au rituel et au funéraire, les gradins et les habitations des invités et des membres de la chefferie. Ce complexe accueillait les nombreuses cérémonies et rituels, festins communautaires (koika) auxquels étaient conviées les chefferies alliées afin de démontrer la prospérité de la communauté et la puissance du mana du chef qui avait su s’allier aux divinités pour assurer la fertilité de ses terres et l’abondance de ses ressources. En effet, la vie du groupe et le prestige de son chef étaient intimement liés à la capacité du groupe à construire ces grands complexes cérémoniels et donc liés à la nécessité de fédérer et organiser une main d’œuvre nombreuse en faveur d’un projet monumental.

Les me’ae, complexes religieux composés de plusieurs paepae et pavages associés ensemble. Contrairement aux tohua, ils ne suivent pas un plan ou un modèle spécifique et présentent une grande variété de formes. Les me’ae étaient différenciés par des attributs qui ont aujourd’hui disparus tels que la forme des maisons en bois édifiées sur ces plateformes, les ornements sculptés et tressés, les marques de tapa blanc, symbole de sacralité, et la présence de dalles de ke’etu. Seuls demeurent aujourd’hui les tiki et les dalles de tuf sculptées. Ils sont parfois isolés, parfois situés à proximité d’un tohua et donc proches du centre communautaire.

Les premiers contacts avec les Européens ont causé un effondrement démographique massif et avec lui une perdition dans la transmission des savoir traditionnels.

Pourtant, le lien des Marquisiens à leur terre a survécu grâce à la persistance de la langue et, avec elle, de la tradition orale et des savoir-faire traditionnels. Si la transmission orale des savoirs a disparu en grande partie avec le choc démographique et l’acculturation contemporaine au contact européen, le regard croisé des sciences humaines et de la littérature orale a cependant permis de mieux comprendre l’histoire, les significations religieuses et sociales des lieux, des structures bâties, des tiki encore présents au moyen des récits, mythes et légendes qui s’y rattachent. Ainsi, certains lieux conservent encore le nom du dernier occupant d’une unité résidentielle, l’histoire qui précède à la création d’un me’ae ou d’un tohua, ainsi que leurs noms spécifiques. Pour la plupart des tiki encore en place, leur identité, leur nom et leur histoire sont connus.

Cependant, s’il existe une très abondante littérature sur l’archipel des Marquises, les sources traditionnelles restent confuses, parfois même antagonistes. La tradition orale a fait l’objet de recueils importants initiés tardivement au début du XXe siècle rassemblant un important corpus de mythes anciens, qui expriment, de façon implicite, en langue marquisienne, un ensemble cohérent renseignant sur la vie des chefferies ènata dans toutes leurs dimensions. Parmi ces mythes, le lien de l’homme à son environnement naturel et spirituel est particulièrement développé sous des formes orales parfois complexes à déchiffrer, en raison des références anciennes qui ont disparu (comme certaines espèces ou certains rites religieux préchrétiens). Ces récits recueillis se composent donc de mythes de fondation, histoires d’événements historiques, légendes, généalogies, et de nombreux chants liturgiques et sacrés. Beaucoup d’entre eux, n’ayant plus d’utilité sociale ou religieuse, n’ont plus été transmis, mais nombre de récits et de légendes sont encore très présents parmi les actuels ènata de l’archipel, se rapportant à tous les lieux remarquables – montagnes, grottes, îlots, etc., et certains sites majeurs devenus archéologiques.

Cette entreprise de collecte de récits traditionnels s’inscrit dans une sorte de tradition qui veut pérenniser une culture que tout a contribué à détruire. C’est dans cette résilience que réside l’une des valeurs des îles Marquises en donnant la parole à un peuple qui a failli disparaître.

4- Les 7 composantes du Bien

L’étendue du Bien

Le Bien proposé à l’inscription pour TE HENUA ÈNATA – les îles Marquises représente environ 270 km2 de terres émergées sur les 1000 km2 que représente l’ensemble de l’archipel et 1388 km2 d’espace marin côtier représentant 85% du linéaire côtier. Le périmètre terrestre dessine un espace continu qui combine valeurs naturelles et culturelles.

Des périmètres sont bien délimités sur chaque île pour les principaux sites proposés à l’inscription que ce soit pour les zones terrestres mais également les zones marines.

Eiao et Hatutū : îles annexes ou îles relais.

Eiao : remarquable pour l’importance de ses carrières ou ateliers d’outillages lithiques

Hatutū : lieu de pêche et de collecte de plumes d’oiseaux (matériel de prestige).

Hatutū est ceinturée de falaises maritimes de plus de 300 m de hauteur. Cette île est reconnue pour son avifaune terrestre comprenant des espèces endémiques dont 2 sont menacées selon les listes rouges UICN. Elle abrite un assemblage remarquable de 15 espèces d’oiseaux marins reproductrices sur les 21 que compte l’archipel et possède un écosystème marin côtier qui se caractérise par de fortes biomasses dominées par les grands prédateurs. On y observe d’ailleurs de nombreuses agrégations de raies ainsi que des populations de dauphins d’Electre résidentes.

Un ensemble de 4 vallées représentatives de l’occupation permanente des anciennes chefferies ènata, articulées autour de l’accès à l’eau douce et à la mer :

– Hatiheu (densité des tohua et des pétroglyphes) ;

– Anaho et Haatuatua (vestiges des premières installations humaines) ;

– Hakaui (organisation de l’habitat de part et d’autre de la rivière, falaises et grottes funéraires) ;

– Terre déserte (Nuku a taha) est représentatif des espaces dits annexes, occupés de façon temporaire par les chefferies de l’île pour accéder à des ressources spécifiques : carrières de basalte, lieu de pêche, etc.

Cet ensemble abrite les formations végétales les plus remarquables et riches en espèces endémiques :

– les régions sommitales de la caldeira Te-Kao Ooumu pour leurs forêts de nuages et humides ;

– la région de Terre Déserte ou Nuku A Taha pour ses forêts sèches et semi-sèches les vallées de Matahamo et Vaipupui pour leur forêt humide ;

– l’écosystème côtier de Nuku Hiva abrite une faune endémique où des raies et requins se réunissent en agrégations et viennent mettre bas dans les différentes baies ;

– cet écosystème se singularise également par ses 4 grottes sous-marines et l’existence d’une des seules formations récifales des Marquises, le récif bioconstruits de la baie de Anaho.

La cathédrale basaltique

L’ensemble composé par les 2 vallées mitoyennes : Hakaohoka et Hoho’i qui débouchent toutes les deux sur la même baie (baie de Hoho’i) rassemble des éléments architecturaux exemplaires.

La vallée de Hakaohoka est emblématique de l’occupation spatiale au sein d’une vallée (exemplarité des paepae conservés).

Motu Oa complète l’ensemble au titre des îles annexes (cueillette de plumes et d’œufs, lieu de pêche).

Dimension légendaire des pics et pitons.

L’ensemble mixte de Ua Pou abrite la totalité des pics et pitons centraux ainsi que le paysage protégé de Hoho’i.

L’écosystème terrestre intègre les formations végétales les plus remarquables à savoir les forêts humides et les forêts mésophiles.

Le pourtour côtier de l’île abrite les dauphins d’Electre qui se réunissent sur la côte Est et des agrégations d’espèces de raies et requins.

Les motu (principalement Mokohe, Oa et Takae) constituent les habitats pour 12 espèces d’oiseaux marins reproductrices dont certaines arborent d’importantes colonies.

Les motu de Ua Huka sont des habitats essentiels pour 10 espèces reproductrices d’oiseaux marins dont 3 sont menacées au niveau international.

L’écosystème marin côtier abrite une diversité d’espèces emblématiques menacées réalisant des étapes clés de leur cycle de vie : mise bas et nurserie pour les requins ; alimentation/nidification/reproduction pour les oiseaux marins ; et zone de repos pour les mammifères marins particulièrement les dauphins d’Electre.

De Takai’i au Pahi, deux îles étroitement liées par l’histoire

Hiva Oa et Tahuata partagent le même récif ennoyé. Ces deux îles constituent donc un même ensemble.

L’île de Hiva ‘Oa mesure 40 km d’Ouest en Est et culmine à 1276 m au Mont Temetiu, le plus haut sommet des Marquises, pour une superficie de 315 km². Elle contient 2 vallées importantes culturellement :

– À l’Ouest, la vallée de Taaoa qui abrite l’un des tohua les plus célèbres des Marquises, le tohua Upeke. Cette vallée est décrite par la tradition orale comme la vallée mythique du premier peuplement des Marquises. Les anciens Marquisiens y vécurent très nombreux et ls vestiges de leurs anciens lieux de vie y sont omniprésents ;

– À l’Est, la vallée de Puamau, surnommée la vallée des tiki. C’est dans cette vallée que l’on retrouve le plus grand nombre de tiki et les plus grand par leur taille. Le me’ae de Iipona est à ce titre exceptionnel avec le fameux tiki Takai qui est le tiki le plus haut et le plus connu des Marquises (2,43 m). De nombreuses légendes sont associées au site d’Iipona, en lien avec l’histoire de la chefferie des Naiki.

Concernant l’écosystème marin, ces deux îles partagent une même biodiversité marine et plus spécifiquement des agrégations d’espèces emblématiques (raies, requins, mammifères marins)

Ensemble archéologique plus atypique venant compléter la série avantageusement avec la présence de :

– pétroglyphes de très grande taille (les plus grands connus présents au sein du périmètre) ;

– me’ae de crête avec des tiki enchâssés associé à des ua ‘ma de très grande dimension.

Malgré sa petite taille et sa topographie accidentée avec des pentes très fortes, Fatu Hiva abrite une grande diversité d’habitats riches en espèces endémiques parmi lesquelles des forêts de nuages et humides. Cette île abrite les dernières populations de ‘Oma’o Ke’e Ke’e ou monarque de Fatu Hiva.

L’extension du périmètre terrestre en mer abrite une grotte sous-marine, colonie de mammifères marins résidente et de grandes populations d’oiseaux marins sur les motu.