Les espèces

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Les espèces 2018-11-27T10:43:29+00:00

L’isolement géographique ayant favorisé la présence de nombreuses espèces endémiques, la Polynésie française détient un taux d’endémisme d’espèces terrestres parmi les plus élevés au monde.

Ce patrimoine étant également extrêmement vulnérable, la Polynésie française fait partie de l’un des 34 « points chauds ou hotspots » de la biodiversité (hotspot de Polynésie – Micronésie) que compte notre planète selon l’ONG Conservation International. La Polynésie est ainsi le Pays d’outre-mer comportant le plus grand nombre d’espèces éteintes ou menacées de toutes les collectivités de l’outre-mer français.

Compte tenu de ses différents points, l’enjeu écologique est donc de taille pour la Polynésie française qui abrite notamment :

 Pour les espèces terrestres

> une flore vasculaire qui compte environ 885 plantes indigènes dont environ 551 espèces endémiques (Muller & Meyer, 2012), soit un taux d’endémisme de 62 %, atteignant 71 % si l’on ne considère que les plantes à fleurs (Angiospermes).
Dix genres sont endémiques de Polynésie orientale, dont 8 endémiques de Polynésie.
Ce taux d’endémisme est l’un des plus forts pour les îles océaniques au niveau mondial (Hawaii arrivant en première place avec 89 %) et dépasse celui des îles Galapagos et des Fidji (Océan Pacifique), ou des Mascareignes (Océan Indien).

>l’avifaune a des caractères originaux et une grande richesse en formes endémiques pour l’avifaune terrestre, et en espèces d’oiseaux de mer.
La Polynésie, sur ce plan, constitue l’une des régions insulaires les plus intéressantes.
Elle compte 4 Zones d’Endémismes pour les Oiseaux (ZOE), 31 Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) et 10 zones d’Alliance pour l’Extinction Zéro (AZE).

> parmi les autres groupes, les mollusques terrestres, représentés par des genres endémiques, ou les reptiles, sont également très intéressants sur le plan biogéographique.

Pour les espèces marines

> la richesse et l’endémisme sont faibles ;

> bien qu’éloigné du triangle de corail Indo-Pacifique qui présente la plus importante biodiversité marine, la faune et la flore marines sont relativement bien représentées avec 183 espèces de coraux, 1 193 espèces de poissons , 2 500 espèces de mollusques, 309 d‘algues rouges vertes et brunes, etc.

Ce patrimoine naturel exceptionnel est fragile en raison du faible effectif des populations de plusieurs espèces endémiques, d’une répartition géographique restreinte et d’une faible compétitivité de ces dernières.

Compte tenu des menaces qui pèsent sur certaines espèces et de leur statut de conservation, des mesures de protection et/ou de conservation ont été prises en Polynésie française pour différentes espèces : les mollusques gastéropodes appelés partulas, les tortues marines, les requins, le santal et d’autres espèces végétales à forte valeur patrimoniale comme la tiare apetahi , plusieurs espèces d’oiseaux, etc.

Il convient également de noter que les connaissances concernant la biodiversité de Polynésie française sont partielles. En effet, les inventaires actuels sont incomplets. Certains groupes taxonomiques n’ont peu ou pas été étudiés, de même que certaines zones géographiques.

La faune

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L’isolement de la Polynésie française explique paradoxalement la pauvreté et la richesse de sa biodiversité animale, et ce aussi bien pour les vertébrés que pour les invertébrés.

A l’exception de l’avifaune (oiseaux), la faune polynésienne se caractérise par une grande pauvreté, particulièrement en insectes, en mollusques et surtout en vertébrés (10 espèces de reptiles et aucun batracien).

Au niveau des archipels, cette pauvreté en espèces augmente d’ouest en est. Les espèces indigènes sont en nombre réduit, compte tenu des potentiels  de dispersion qu’elles doivent posséder pour coloniser ces îles éloignées et de la faible diversité des milieux offerts. L’endémisme est par contre remarquable pour certaines espèces, les insectes principalement, en particulier dans les îles éloignées (Rapa, Mangareva, Marquises).

Les données de richesse spécifique sont reportées dans le tableau ci-dessous.

Groupe

Nombre d’espèces

Mollusques  540 dont :

– 525 espèces de gasptéropodes terrestres (95% d’endémisme) ;

– 15 d’eau douce (dont 9 endémiques).

Arthropodes 2 843 arthropodes décrits en 2014 (dont 277 introduits et taux d’endémisme de 54%) :

– 2 409 insectes ;

– 337 arachnides ;

– 19 myriapodes ;

– 78 crustacés (terrestres et d’eau douce).

Le taux d’endémisme est de 100% pour certains groupes.

Poissons 37 espèces, dont 15 endémiques (9 aux Marquises, 4 aux Australes et 2 aux îles de la Société)
Reptiles 12 espèces de geckos et de scinques et une espèce de tortue d’eau introduite (Trachemys scripta elegans ou tortue de Floride)
Amphibien 0 espèce
Oiseaux 50 espèces (38 indigènes et 12 introduites)
Mammifères 12 espèces introduites recensées. Aucune espèce indigène. Plusieurs envahissantes ayant un fort impact sur la biodiversité

Cette richesse est également très fragile, le territoire de chaque endémique étant le plus souvent très restreint. De plus ces espèces se retrouvent souvent confrontées aux espèces invasives ainsi qu’à la destruction de leur habitat.

La Polynésie est relativement pauvre en espèces marines, comparée à l’Ouest de l’Indo-Pacifique.

La Polynésie est éclatée sur une latitude de 20° et une longitude importante.

La grande diversité géographique des archipels polynésiens (de la Société aux Marquises qui sont situées très au nord et à Rapa située au Sud), ainsi que la diversité des biotopes, bien distincts entre les îles de la Société et les Tuamotu, les Marquises et les Australes, se traduisent par des faunes aux caractéristiques différentes d’un archipel à l’autre.

Au cours des dernières années, des compléments d’inventaires ont été réalisés menant à la découverte de nouvelles espèces endémiques, notamment dans des zones non encore ou peu expertisées comme les Marquises ou les Gambier.

Les groupes les mieux inventoriés sont les poissons et, pour les invertébrés, les coraux et les mollusques. Un effort important a été réalisé pour compléter l’inventaire des spongiaires, en revanche les gorgones et la faune des échinodermes sont encore très mal connues. Les  ascidies de Tahiti, Moorea et Tikehau ont été inventoriées. La richesse reflète souvent l’importance des inventaires ; ainsi à Rapa, le nombre d’espèces de mollusques estimé est passé en une mission de collecte de 140 à 512 espèces répertoriées et 600 estimées, ce qui témoigne de l’effort de récolte entrepris et de l’insuffisance des données sur les autres îles polynésiennes.

Les données de richesse spécifique sont reportées dans le tableau ci-dessous.

Groupe

Nombre d’espèces

Coraux 183 espèces
Poissons 1 193 espèces
Mollusques 2 500 espèces (20% d’endémisme aux Marquises)
Crustacés 1 125 espèces (décapodes et stomatopodes)
Reptiles 5 espèces de tortues marines et 1 serpent marin (Pelamis platurus)
Mammifères 21 espèces fréquentent les eaux polynésienne et 4 le pourraient
Oiseaux 28 espèces nicheuses

En savoir plus :

La biodiversité d’une île s’explique en général par des facteurs globaux, tels que la distance au centre de biodiversité de la région Indo-Pacifique, la taille et le type d’île (île haute ou atoll).

La Polynésie française se situe en fin de gradient de la biodiversité indopacifique ; elle constitue donc un terrain d’études des gradients de biodiversité et de connectivité particulièrement riche et privilégié. A partir de la zone de richesse maximale, située dans l’ouest Pacifique et le sud-est Asiatique, qui constituent la métropole de la province indo-pacifique et le triangle d’or (Philippines, Indonésie, Nouvelle-Guinée), le nombre d’espèces diminue graduellement vers le Pacifique Est.

La capacité de dispersion des organismes marins et leur taux d’endémisme, est pour partie liée au mode de développement et à la durée de leur phase larvaire pélagique. Les espèces à longue phase ont une large distribution tandis que les espèces sans ou à phase pélagique réduite ont généralement une distribution plus restreinte.

La flore

Source : Gargominy & Bocquet, 2013

La flore (plantes vasculaires) primaire est composée de 885 espèces (929 d’après le Groupement Flore Polynésie française (GFPF) en 2014), dont 334 indigènes et 551 endémiques de Polynésie française au sens large (535 d’après le GFPF, 2004), soit un taux d’endémisme de 62 % (58 %, GPFP, 2014).

Certaines d’entre elles sont endémiques à un seul archipel, voire à une seule île ou un sommet. Ce taux d’endémisme passe à 71 % si l’on ne considère que les angiospermes. Dix genres sont endémiques de Polynésie orientale, dont 8 strictement endémiques de Polynésie française auquel pourrait se rajouter un genre supposé nouveau découvert en 2009 sur les falaises de Makatea (Scrophulariaceae nov., Jacq & Butaud, 2009). En revanche, on compte environ 590 espèces introduites naturalisées, mais un total de 1 800 plantes exotiques a été recensé, jardins compris.

Il existe une grande disparité entre les différentes îles et archipels : tandis que l’archipel de la Société, essentiellement composé d’îles hautes, héberge 555 plantes vasculaires indigènes, dont 271 endémiques, et les Marquises 331 indigènes et 141 endémiques (Moretti & Florence, 2002), les atolls de Tuamotu n’en hébergent que 102, dont 22 endémiques (Butaud, 2009). Les îles pouvant être considérées comme centres d’endémisme sont Tahiti, Raiatea (Société), Rapa (Australes) et Nuku Hiva (Marquises). Les îles de la Société ont l’index de fougères le plus élevé des îles océaniques (Moretti & Florence, 2012).

Les forêts tropicales humides de montagne (forêts de nuages) renferment la richesse spécifique et endémique la plus élevée : entre 60 % (Moorea, Tahiti, et Rapa) et plus de 70 % (Raiatea, Hiva Oa, Ua Pou et Ua Huka) des espèces de flore vasculaire endémique y sont localisées. Entre 25 % (Moorea et Rapa) et 50 % (Hiva Oa, Nuku Hiva et Ua Pou) de ces endémiques sont restreintes à ces habitats. Plusieurs de ces forêts ont été explorées ces dernières années et elles ont un rôle majeur à jouer dans la conservation de la biodiversité de la Polynésie française (Meyer, 2010).

Répartition de la flore vasculaire indigène et endémique de la Polynésie française par archipel et pour l’île de Rapa

Iles

Total

Indigènes

Endémiques PF

Taux d’endémisme

Source

Moretti & Florence, 2002

Société

545

273

272

50

Tuamotu

95

77

18

19

Gambier

76

65

11

14

Marquises

314

140

174

55

Australes

217

169

48

22

Rapa

192

111

81

43

Polynésie

880

334

546

62

Muller & Meyer, 2012

885

334

551

62

929

352

535

58

GFPF, 2014

En savoir plus

La composition de la flore primaire résulte des apports d’espèces pionnières via divers agents de dispersion comme les courants marins, les courants aériens, certains animaux (oiseaux ou insectes) ou encore la dispersion sur place.

Les mécanismes de dispersion et les mécanismes évolutifs se traduisent par un ensemble de facteurs propres aux milieux insulaires – le syndrome insulaire, dont les caractéristiques sont : un déséquilibre taxonomique, fonction des capacités des espèces à se disperser, l’acquisition de la lignification et la diminution des capacités des moyens de dispersion, avec pour conséquence un endémisme insulaire ou archipélaire marqué  » (Florence, 2005).

Les chiffres sur la richesse et l’endémisme varient suivant les auteurs et les bases de données en ligne qui évoluent continuellement (Flora of Marquesas, Wagner & Lorence, 2002 ; Base de donnée « Nadeaud », Florence et al, 2007), en fonction de la reconnaissance ou non de certains taxons et de leur statut biogéographiques (introduite, indigène ou leur endémisme).

Depuis 2006, 34 plantes vasculaires nouvelles pour la science ont été décrites, notamment dans le cadre de la Flore des Marquises (Wagner & Lorence, 2002) et plus d’une quinzaine sont en cours de description pour le 3e Tome de la Flore de Polynésie française consacrée aux fougères.

En 1996, J. Florence recensait 20 espèces disparues (Ex) et 108 espèces menacées, dont 49 gravement menacées d’extinction (CR), 5  menacées d’extinction (EN) et 54 vulnérables (VU).

En 2006, la liste rouge internationale de l’UICN comptait 155 taxons parmi lesquelles 36 espèces menacées (26 CR ; 4 EN ; 17 VU). En 2013, cette liste affiche 208 taxons dont 55 menacés (31 CR, 5 EN, 19 VU), 6 Ex (éteintes). Parmi cette liste, 35 taxons n’ont pas été retrouvés ou sont inconnus lors de la révision en cours (GFPF, 2014).

Depuis juin 2011, un groupe d’experts bénévoles, s’est mobilisé afin d’établir une liste rouge révisée de la flore de  Polynésie française selon les critères de l’UICN.

Ce « Groupement Flore Polynésie française » (GFPF), est composé de 6 botanistes basés en Polynésie française, de Jacques Florence de l’IRD/MNHN, de David Lorence du NTBG pour la flore des Marquises, avec l’appui de la DIREN et de la Délégation à la Recherche (DREC). Dans un premier temps, cette révision se focalise sur les taxons endémiques de Polynésie orientale (Cook, Pitcairn et Polynésie française). En 2014, 551 taxons endémiques de la Polynésie orientale ont été révisés et attendent d’être validés lors d’un atelier avec le comité français de l’UICN en 2015.

Suite à cette révision, 17 taxons sont éteints au niveau mondial, et 265 taxons endémiques de Polynésie orientale sont menacés d’extinction (85 CR, 96 EN, 84 VU), soit 48 % des plantes endémiques de Polynésie orientale du Pays. En comparaison, l’île de la Réunion comprend 237 plantes endémiques dont 82 sont menacées (soit 35 % ; UICN France, CBNM, FCBN & MNHN, 2013).

(Source : Claude Payri)

La flore marine polynésienne compte 309 espèces d’algues, deux espèces de phanérogames marines ou plantes à fleurs et 117 cyanobactéries.

Parmi les 309 espèces d’algues recensées on dénombre :
– 195 algues rouges ou rhodophytes ;
– 82 algues vertes ou chlorophytes ;
– et 32 algues brunes ou chromophytes.

Ces espèces sont inégalement réparties entre les différents archipel et c’est dans les îles de la Société que l’on compte le plus grand nombre en raison de la plus grande diversité d’habitats.

L’archipel des Tuamotu, exclusivement formé d’atolls, est original avec une très forte diversité en algues vertes appartenant aux Halimeda et au Caulerpa; c’est aussi dans cet archipel où on trouve les plus belle accumulations d’algues rouges calcaires qui forment les crêtes algales.

L’archipel des Australes se distingue par un cortège d’espèces acclimatées aux eaux plus froides et l’île de Rapa, la plus au sud, renferme des espèces d’algues brunes présentes nulle par ailleurs en Polynésie, certaines se retrouvant en Australie du sud.

Il y a vraisemblablement d’autres espèces à découvrir, notamment dans les zones profondes peu ou pas explorées.

En effet, le dernier inventaire réalisé à Moorea en 2008 a permis d’observer, entre 40 et 60 m de profondeur, plus de de 20 espèces nouvelles pour la région. Aussi, lors de la campagne océanographique réalisée aux Marquises en 2011, plus d’une centaine espèces d’algues ont été recensées alors que seule une dizaine était précédemment décrite pour cet archipel. De plus, les données n’ont pas encore été toutes traitées

Les  phanérogames marines, qui comptent près de 40 espèces tropicales connues, sont représentées en Polynésie française par  2 espèces seulement appartenant au genre Halophila. La très faible diversité en phanérogames marines est une des caractéristiques biogéographiques de la flore sous-marine polynésienne.

La présence d’espèces considérées comme envahissantes (Turbinaria ornata) est également à noter.

En effet depuis une vingtaine d’années, les récifs des îles hautes ont régressé au profit de cette algue brune. Il a été de plus observé une extension géographique à de nouveaux sites dans l’archipel des Tuamotu (Stiger et Payri 2005). Bien qu’il n’y ait pas d’études sur les capacités de dispersion d’autres espèces du genre Turbinaria, il semblerait que ces espèces possèdent d’importantes capacités de dispersion longue distance.

Les espèces protégées par le code de l’environnement polynésien

La Polynésie française s’est dotée d’une réglementation destinée à protéger les espèces animales et végétales qui sont en danger, vulnérables, rares ou qui présentent un intérêt particulier.

Le code de l’environnement polynésien distingue 2 catégories de protection :
– Les espèces protégées relevant de la catégorie A sont considérées comme vulnérables ou en danger ;
– Les espèces protégées relevant de la catégorie B sont considérées comme rares ou d’intérêt particulier.

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La liste des espèces protégées de catégorie A comprend :

Pour les espèces terrestres :
– 164 espèces végétales ;
– les mollusques appartenant à la famille des partulidés (‘areho) ;
– 33 espèces d’oiseaux.

Pour les espèces marines :
– 4 espèces de mollusques (moule géante, triton et 2 casques);
– 1 espèce de poisson (raie manta) ;
– 4 espèces de reptiles (tortues caouanne, luth, imbriquée et olivâtre) ;
– 5 espèces d’oiseaux (océanite à gorge blanche et 4 pétrels).

Dispositions générales

En vue de protéger les espèces appartenant à la catégorie A de la liste des espèces protégées, sont interdits en tout temps et en tout lieu :

1° Quel que soit le stade de développement des espèces animales, la destruction, la mutilation, la perturbation intentionnelle, la capture intentionnelle ou l’enlèvement, la naturalisation des spécimens vivants y compris leurs oeufs et leurs nids ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, leur importation ou leur exportation ;

.2° Quel que soit le stade de développement des espèces végétales, la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement de spécimens vivants y compris leurs semences, fructifications ou tout ou partie des végétaux ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, leur importation ou leur exportation ;

.3° La destruction, l’altération, la modification ou la dégradation des habitats naturels desdites espèces, y compris les cavités souterraines naturelles ou artificielles.

.
L’importation des espèces protégées est interdite sous tous régimes douaniers.

Des dérogations à tout ou partie des interdictions mentionnées ci-dessus peuvent toutefois être accordées pour le transport et la détention des spécimens d’animaux morts, aux fins de destruction, analyse, et/ou autopsie ou encore à des fins de recherche scientifique, d’aquariophilie ou d’aquarioculture.

> Télécharger la liste des espèces protégées de catégorie A et B

La liste des espèces protégées de catégorie B est la suivante :

– 2 variétés de Santal des Marquises (Santalum insulare var. deckeri et Santalum insulare var. marchionense) ;
– les requins (ou tous les animaux qui appartiennent à la sous-classe des Elasmobranches, à l’exception des raies) ;
– Les mammifères marins (dont les baleines et les dauphins) ;
– La tortue verte ou « honu » ou « tifai » (Chelonia mydas) ;
– Le crabe de cocotier ou « kaveu ».

Dispositions générales

En vue de permettre la reconstitution des populations d’espèces appartenant à la catégorie B de la liste des espèces protégées notamment pendant les périodes ou les circonstances où elles sont particulièrement vulnérables, il est possible de :
– soumettre un habitat sensible desdites espèces à un régime particulier. Les habitats ainsi protégés pour une durée et selon des prescriptions limitées sont appelés ‘réserves temporaires’ ;
– prescrire sur l’ensemble de la Polynésie française, pour une durée limitée le cas échéant, pour certaines espèces, une partie ou la totalité des interdictions mentionnées à l’article LP. 121-2.

En l’absence de dispositions particulières à chaque espèce protégée relevant de la catégorie B, sont interdits durant la période de classement :

Quel que soit le stade de développement des espèces animales, la destruction, la mutilation, la perturbation intentionnelle, la capture intentionnelle ou l’enlèvement, la naturalisation des spécimens vivants y compris leurs oeufs et leurs nids ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, leur importation ou leur exportation ;

2° Quel que soit le stade de développement des espèces végétales, la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement de spécimens vivants y compris leurs semences, fructifications ou tout ou partie des végétaux ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, leur importation ou leur exportation ;

3° La destruction, l’altération, la modification ou la dégradation des habitats naturels desdites espèces, y compris les cavités souterraines naturelles ou artificielles.

L’importation et l’exportation des espèces protégées sont interdites sous tous régimes douaniers durant la période prévue par l’arrêté de classement en espèce protégée relevant de la catégorie B.

Dispositions particulières

Pour les 2 variétés de santal, la réglementation précise :
– la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement de spécimens vivants sont interdits ;
– le transport, le colportage, l’utilisation, la détention, la mise en vente, la vente et l’achat, l’importation sous tous régimes douaniers et l’exportation de bois vert des deux variétés de santal concernées sont interdits ; le prélèvement de bois sec est soumis à l’obtention d’une autorisation administrative délivrée par le service du développement rural ;
– la récolte des semences, la production de plants, de marcottes et de boutures, le transport de ces matériels et leur vente ou achat sont autorisés ;
– la destruction, l’altération, la modification ou la dégradation des habitats sensibles desdites variétés sont interdites.

Pour les requins, la réglementation précise qu’il est garanti, pendant une période de dix (10) ans, le respect des prescriptions suivantes :
– la pêche de requins et la détention de tout ou partie de l’animal, quels que soient leurs objets, sont interdites. Les captures accidentelles, interdites à la pêche et à la détention, sont immédiatement rejetées à la mer ;
– dans les lagons, les passes et dans un rayon de 1 kilomètre centré sur l’axe de la passe, toute activité, à titre gratuit ou onéreux, basée sur l’observation des requins préalablement attirés par l’homme, par le biais notamment de nourriture communément appelée “shark feeding”, est interdite ;
– le commerce, la mise en vente, la vente et l’achat, l’importation sous tous régimes douaniers et l’exportation de tout ou partie de requin y compris monté en article de bijouterie sont interdits.

Pour les mammifères marins, un sanctuaire pour la protection et la sauvegarde des baleines et des autres mammifères marins a été créé sur l’ensemble de la zone économique exclusive de la Polynésie française, y compris dans ses eaux intérieures et sa mer territoriale.

Sont interdits :
la mutilation, le harcèlement, la capture ou l’enlèvement, la consommation et la chasse, ainsi que la détention, le transport, l’importation sous tous régimes douaniers et l’exportation.
.
Le Whale Whatching est une activité réglementée en Polynésie. Pour prendre connaissance des règles à respecter pour l’observation des mammifères marins, vous pouvez consulter la brochure intitulée : « Comment observer les mammifères marins en Polynésie française ».

Les demandes d’autorisation pour les activités d’approche des baleines et autres mammifères marins doivent être faites par l’intermédiaire du téléservice PARAOA.

Voir les règles d’approche des mammifères marins, sur le site de l’association MATA TOHORA

Pour le crabe de cocotier (kaveu), et plus particulièrement les individus dont la longueur du thorax est inférieure à 6 centimètres, mesurée de la base de la tête au début de l’abdomen, les femelles ovigères (portant des oeufs) et pour tous les individus en mue, sont interdits :
la destruction, la mutilation, la perturbation intentionnelle, la capture intentionnelle ou l’enlèvement, ou, qu’ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l’utilisation, la détention, la mise en vente,
la vente ou l’achat, l’importation ou l’exportation sous tout régime douanier. La taxidermie de tout individu quel que soit son stade de développement, vivant ou mort, y compris les oeufs est interdite.

> Télécharger la liste des espèces protégées de catégorie A et B

Les espèces protégées à l’international

Qu’est ce que la CITES et comment fonctionne-t-elle ?

La CITES ou Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction, a pour objet de contrôler le commerce international des espèces qui y sont inscrites, par le biais de permis d’exportation, de permis d’importation, de certificats de réexportation et/ou de certificats d’origine.

La CITES s’inscrit dans une démarche de développement durable. Elle veille à ce que les quantités des espèces prélevées dans la nature permettent leur conservation ; elle n’est donc pas vouée à interdire le commerce des espèces sauvages.

Elle fonctionne grâce à une collaboration étroite entre les Etats membres en vue de protéger certaines espèces.

Au sein de la convention CITES, les espèces sont inscrites à l’annexe I, l’annexe II ou l’annexe III de la Convention, en fonction de leur statut de conservation.

  • L’annexe I comprend les espèces les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales inscrites à la CITES. Par conséquent, le commerce de ces espèces est interdit, sauf dérogations (comme lorsque les importations se font à des fins de recherche scientifique par exemple).
    Le commerce de ces espèces nécessite un permis d’importation (délivré par le pays d’importation) et un permis d’exportation ou un certificat de réexportation (délivré par le pays d’exportation).
  • L’annexe II : comprend des espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction mais qui pourraient le devenir si leur commerce n’était pas contrôlé. Le commerce de ces espèces nécessite un permis d’exportation ou un certificat de réexportation (délivré par le pays d’exportation).
  • L’annexe III : comprend des espèces inscrites à la demande d’un Etat membre qui réglemente dans son pays le commerce de cette espèce et qui a besoin des autres Etats pour protéger l’espèce concernée. Le commerce de ces espèces nécessite un permis d’exportation lorsque le spécimen provient d’un pays qui a inscrit l’espèce, ou un certificat d’origine lorsque le spécimen provient d’un pays qui n’a pas inscrit l’espèce (délivré par le pays d’exportation).

Quelles sont les espèces inscrites à la CITES ?

Peuvent être inscrits à la CITES toutes les espèces appartenant à un même groupe (comme par exemple les coraux ou les tortues de mer), aussi bien qu’une espèce, sous-espèce appartenant à un groupe.

> Accéder à la base de données des espèces inscrites à la CITES.

En Polynésie française, plusieurs espèces sont inscrites à la CITES. Pour connaître la liste de ces espèces, Accéder à la base de données par Pays et sélectionner dans recherche par pays ou territoire : Polynésie française.

Comment obtenir un permis ou un certificat CITES en Polynésie française ?

Pour obtenir un permis ou un certificat CITES, il faut adresser une demande à la Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie (DRRT) – Haut commissariat de la Polynésie française.
BP 115 – 98713 Papeete
Tél : (689) 40 50 60 69
E-mail : drrt@polynesie-francaise.pref.gouv.fr

> Trouver toutes les informations relatives au permis CITES.

> Faire une demande de permis CITES en ligne.

Les espèces réglementées

La collecte ou la pêche de certaines espèces est réglementée par la Direction des ressources marines et minières.
  • le corail noir ou “aito miti” qui appartient aux genres Cirripathes et Antipathes ;

> Voir la délibération n°90-93 AT du 30 août 1990 modifiée relative à la protection du corail noir «Aito miti», des genres Cirripathes et Antipathes.

  • le troca (Trochus niloticus) ;

  • le burgau ou “moao taratoni” (Turbo marmoratus) ;

  • le bénitier ou “pahua” (Tridacna maxima) ;

  • la langouste verte ou “oura miti” (Panulirus penicillatus) ;

  • la cigale de mer ou “tianee” (Parribacus holthuisi) ;

  • la squille ou “varo” (Lysiosquilla maculata) ;

  • les crabes ou “upa’i” (Scylla serrata) ;

  • la chevrette d’eau douce ou “oura pape oihaa” (Macrobrachium lar) et “oura pape onana” (Macrobrachium latimanus) ;

  • la perche ou “nato” (Kuhlia marginata).

> Voir la délibération n° 88-184 AT du 8 décembre 1988 modifiée relative à la protection de certaines espèces animales marines et d’eau douce du patrimoine naturel polynésien.

> Télécharger le dépliant « Rahui » de la Direction des ressources marines et minières

> Voir le site de la Direction des ressources marines et minières