La Direction Polynésienne des Affaires Maritimes (DPAM) a participé le jeudi 26 février 2026 à une réunion organisée par l’association Océania. Cette rencontre était consacrée à l’élaboration d’une charte pour la protection des mammifères marins, afin de mieux préserver les cétacés présents dans nos eaux, et notamment les baleines.

Un trafic maritime dense

La Polynésie française connaît une activité maritime soutenue :

  • Plus de 6 000 rotations annuelles sur le chenal Tahiti–Moorea (dont les deux tiers assurées par des navires à grande vitesse)
  • Plus de 20 navires assurant la desserte régulière du territoire
  • Environ 300 poti marara, 80 thoniers et 100 catamarans charter en activité
  • Entre 700 et 1 000 escales annuelles de paquebots, yachts et voiliers
  • Entre 12 000 et 15 000 navires de plaisance fréquentant nos lagons

Cette réalité invite l’ensemble des usagers de la mer à poursuivre les efforts pour limiter les risques de collision et de perturbation des cétacés.

Une démarche ancrée dans la culture

Cette intervention a rappelé l’importance d’intégrer la dimension culturelle et linguistique dans l’adhésion des usagers de la mer. En Polynésie, les marins s’expriment souvent en tahitien, et particulièrement les pêcheurs, mais aussi les habitants des îles, qui sont en première ligne dans la cohabitation avec les cétacés. L’information et la sensibilisation des parties prenantes devra donc en tenir compte.

À l’image des rāhui, qui ont démontré l’efficacité d’une gestion fondée sur les valeurs traditionnelles, la future charte vise à inscrire la protection des cétacés dans la continuité de ces aspects.

Une cohérence avec les engagements du Pacifique

La DPAM a rappelé l’engagement du Pays dans le Pacific Ocean Maritime Framework (POMF), adopté collectivement par les pays et territoires du Pacifique dans un esprit de consensus. Cette initiative s’inscrit dans cette dynamique régionale, fondée sur la coopération, la formation des marins, le partage d’informations et l’amélioration continue des pratiques.

Les cétacés ne s’arrêtent pas aux limites de notre ZEE, ils poursuivent leurs migrations vers Rarotoa, Tonga, Aotearoa et au-delà. Leur protection doit donc être pensée à l’échelle de leur espace de vie, dans une logique de coopération régionale. Le succès des dispositions qui seront prises pourront ainsi encourager d’autres pays du Pacifique à suivre cet exemple.

La DPAM continuera d’accompagner l’association Océania et réaffirme son engagement pour une navigation responsable, conciliant activité maritime, respect de l’océan et protection durable des cétacés.