Les moustiques nous gênent en nous piquant, mais ils transmettent aussi des maladies parfois mortelles.

La dengue, le chikungunya, le Zika, la filariose ont circulé, circulent ou circuleront encore en Polynésie française. D’autres maladies nous menacent.

 

QUESTIONS SUR LA LUTTE CONTRE LES MOUSTIQUES

Environ 15 espèces de moustiques sont ont été détectées pour l’instant en Polynésie française.

Les plus importantes pour la santé sont Aedes aegypti et Aedes polynesiensis. Les deux peuvent transmettre la dengue et d’autres arboviroses, et la deuxième transmet aussi le parasite causant la filariose lymphatique. Ces moustiques sont noirs et blancs et piquent du matin tôt au soir. Elles ne piquent pas en pleine nuit.

Une autre espèce est très répandue mais ne transmet rien à notre connaissance : Culex quinquefasciatus. Ce moustique est marron-brun et pique seulement la nuit, parfois en grand nombre.

Les autres espèces appartiennent pour la plupart aux mêmes genres mais sont moins répandues. Un inventaire des espèces locales (ainsi que des détails sur leur mode de vie) est disponible en bas de cette page http://www.ilm.pf/infomoustiques

Les “nonos ” ne sont pas des moustiques mais piquent aussi. Ils ne transmettent pas de maladies en Polynésie française mais peuvent être localement très nuisants. Quelques détails sont proposés sur cette page http://www.hygiene-publique.gov.pf/spip.php?article9

Aedes albopictus (le moustique « tigre » qui se répand actuellement dans le monde) n’a pas été détecté pour l’instant en Polynésie française, de même que les anophèles (certaines espèces transmettent l’agent du paludisme).

Seules les femelles piquent. Elles ont besoin du sang pour assurer la maturation des œufs.

Les œufs sont pondus dans des endroits contenant de l’eau stagnante. Les moustiques ne pondent pas dans l’eau qui coule (ruisseaux, rivières). Plusieurs stades aquatiques vont ensuite se succéder pour attendre le stade adulte qui émerge de l’eau. Les mâles et les femelles vont alors copuler, et la femelle va chercher du sang pour obtenir des protéines.

Les stades aquatiques peuvent durer environ une semaine. C’est pourquoi il faut vider les gîtes à moustiques toutes les semaines, sinon les moustiques ont le temps de devenir adultes et de s’envoler…

S’IL N’Y A PAS D’EAU STAGNANTE CHEZ VOUS, VOUS N’ELEVEREZ PAS DE MOUSTIQUES, ET LES FEMELLES DE MOUSTIQUES QUI VEULENT PONDRE PASSERONT LEUR CHEMIN.

Les femelles vivent environ un mois, et ont le temps de piquer plusieurs fois et de pondre plusieurs centaines d’œufs pendant leur vie. Ce sont aussi elles qui propagent les agents pathogènes.

Le schéma général est le suivant :

La femelle prélève du sang contenant un agent pathogène (virus, filaire) sur une personne porteuse. Une incubation a lieu ensuite dans le moustique, avant qu’il puisse propager l’agent pathogène à une autre personne lors d’une autre piqure quelques jours plus tard. Une incubation a de nouveau lieu mais cette fois chez la personne piquée, et la maladie se déclare ensuite.

La principale différence entre les maladies à virus transmises par les moustiques et la filariose lymphatique est qu’un porteur de filariose peut propager la maladie pendant plusieurs années alors que les malades de dengue ou autres viroses ne transmettent plus le virus une fois guéris. Les malades atteints d’arboviroses ne transmettant que pendant la durée de la maladie, ils doivent être particulièrement protégés des piqures pour éviter de disséminer la maladie à leur entourage.

Des arboviroses, qui sont causées par des virus transmis par des arthropodes. Des exemples : la dengue (quatre types), le chikungunya, le Zika, la fièvre jaune, la fièvre de la Rivière Ross.

Des filarioses : la filariose lymphatique humaine apériodique et la filariose cardiaque du chien.

Les moustiques porteurs d’agents pathogènes en Polynésie française ne volent pas loin. Ils s’éloignent rarement à plus de 100 mètres du lieu où ils ont passé leur jeunesse en tant que larves…

C’est une chance car les épidémies se propagent ainsi moins vite. Mais les personnes porteuses peuvent aussi se déplacer si elles ne sont pas trop malades, et dans ce cas disséminer quand même le virus dans de nouveaux endroits.

C’est une chance aussi car si on observe des moustiques noirs et blancs, leur gîte est probablement proche, et il vaut vraiment la peine de le chercher pour supprimer définitivement la source. Cette liste résume les principaux gîtes qu’on peut rencontrer à domicile, et quelques solutions pour les rendre inactifs.

S’IL N’Y A PAS D’EAU STAGNANTE CHEZ VOUS, VOUS N’ELEVEREZ PAS DE MOUSTIQUES, ET LES FEMELLES DE MOUSTIQUES QUI VEULENT PONDRE PASSERONT LEUR CHEMIN.

Des diffuseurs électriques et tortillons peuvent être utiles mais ne devraient être utilisés qu’avec modération, et les tortillons uniquement en milieu très aéré (la fumée n’est pas bonne pour la santé !)

Si par contre on n’est pas chez soi (école, tourisme, etc.), il est encore possible de se protéger des piqures en utilisant des répulsifs cutanés. Vous pourrez trouver des produits efficaces sur cette liste réactualisée en juin 2019. Ne comptez pas trop sur les produits à la citronnelle pour vous protéger durablement !

Les moustiques nocturnes volent beaucoup plus loin, aussi il est souvent plus difficile de trouver leurs gîtes. L’avantage est qu’ils piquent la nuit et qu’une bonne moustiquaire peut donc vous en protéger durablement.

Enfin, il est possible de se protéger des moustiques en procédant à des traitements insecticides rémanents, basés sur des pulvérisations d’insecticides sur les parois. Un de leurs rares avantages est de s’attaquer aussi à d’autres insectes qui peuvent vous gêner et éventuellement propager des maladies de manière mécanique, comme les blattes ou les mouches. Cette liste regroupe les entreprises agréées par les services publics pour vendre ou appliquer des pesticides. Leur agrément ne garantit cependant pas l’efficacité des produits qu’elles vendent ou appliquent.

Les gîtes à moustiques sont très nombreux et disséminés partout dans le Pays. De plus, un nouveau gîte à moustiques se fabrique en une semaine. Dans ces conditions, il n’est pas envisageable que des agents des services publics viennent dans chaque propriété vider les soucoupes ou nettoyer les gouttières. C’est à chaque particulier de se prendre en charge.

Les agents du service public sont très peu nombreux et concentrent leurs actions sur les lieux qui sont considérés comme les plus à risque de transmission de maladies.

Des personnes sollicitent parfois la réalisation de traitements insecticides par le service public. Il faut savoir que les traitements que le service public est en mesure d’effectuer ont une efficacité limitée à une heure ou deux au maximum. Ils ne touchent pas les larves dans les gîtes. Les doses utilisées sont très faibles pour éviter tout risque pour la population.

Les traitements ne sont réalisés que quand les circonstances l’exigent (et que les conditions météo le permettent). Les inconvénients qu’ils comportent (apparition de résistances, coût, dommages à d’autres insectes) font qu’on les réserve pour empêcher la propagation des maladies, en tuant quand c’est possible des moustiques porteurs de virus risquant de provoquer une épidémie.

Aussi, l’élimination des gîtes des moustiques est la responsabilité de tous.

  • Le Centre d’hygiène et de salubrité publique

Tél : 40 50 37 45

Site Web du CSHP : http://www.hygiene-publique.gov.pf/ 

Adresse mail : chsp@sante.gov.pf

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